Au Volcan, trouver l’or du temps ! (14 et 15 juin 2020)

Cette semaine, c’est week-end en décalé ! Nous avons posé notre lundi et après un samedi entre repos et intendance à la maison, nous prenons la route le dimanche matin en direction du piton de la Fournaise. Nous partons avec la tente, avec l’idée qu’un bivouac le dimanche soir nous permettra de conjurer le sort de nos derniers bivouacs bruyants du samedi soir 😉

Après une petite étape gourmande au marché de la Plaine des Palmistes (on y trouve nos samoussas préférés sur l’île !), nous arrivons à destination en fin de matinée. Nous attaquons tout de suite notre randonnée du jour, en direction du piton de Bert. Nous connaissons déjà un peu ce sentier, puisque c’est celui que nous avions emprunté de nuit lorsque nous étions allés voir l’éruption de mars 2018 (et aussi celui où j’étais allée en janvier 2017 avec Supercoloc !) Immédiatement, d’étranges filaments au sol attirent mon attention : des cheveux de Pelé ! Il s’agit de gouttelettes de lave basaltique qui se sont étirées en long filament sous l’action du vent. Ils semblent bien inoffensifs… mais sont en fait très dangereux, car aussi durs, cassants et coupants que du verre. Je m’en rendrai compte en fin de rando, lorsque je me retrouverai avec plusieurs fragments plantés dans les doigts ! C’est d’ailleurs un drame lorsqu’ils arrivent jusqu’aux pâturages en contrebas, car le bétail ne peut alors plus paître, sous peine d’en ingérer et de se blesser au niveau digestif.

Cheveux de Pelé

Le sentier est tout plat et facile ; il longe l’enclos du piton de la Fournaise et malgré quelques nuages nous avons une jolie vue. Cela finit toutefois par se couvrir, et même par se mettre à bruiner. Nous sommes sur le plateau des Foc-Foc, à plus de 2200 mètres d’altitude, une zone qui est connue pour son record mondial de pluviométrie : 1,80m en 24 heures ! Heureusement nous n’en sommes pas là 😉 Benoît regrette tout de même son k-way, qu’il a oublié dans le coffre en faisant le sac. Par contre il a pris le mien, ça c’est sympa ! Enfin, il ne pleut pas beaucoup, et entre deux arrosages nous séchons bien.

Vue sur l’enclos du volcan et les anciennes coulées de lave

La belle végétation du volcan

Arrivée au piton de Bert

Une fois au piton de Bert, où le panorama est tout bouché, nous poursuivons jusqu’au piton de l’eau. Nous galérons un peu pour le trouver car il est entre deux sentiers, et la végétation est assez dense, mais nous finissons par arriver à nos fins. Au loin nous apercevons les puys Ramond, de petits cônes volcaniques dont nous nous rapprochons. Le lieu semble propice à de longues explorations mais l’heure tourne, alors nous nous arrêtons au niveau de la première cheminée. La vue sur cette partie du volcan est superbe, avec plein de cônes volcaniques et même un petit arc-en-ciel qui surgit. Je suis archi-motivée pour revenir, et prendre plus de temps à explorer cette région que nous ne connaissons pas du tout !

Edelweiss volcanique 😉

Le piton de l’eau

Arrivée à la première cheminée volcanique

Quand est-ce qu’on revient explorer le coin ??

Sur le chemin du retour la météo est fluctuante ; le ciel finit malgré tout par se dégager, comme souvent ici en fin de journée, et nous avons droit à une très belle luminosité. Les rayons de soleil traversent un air très brumeux, donnant une allure fantasmagorique au paysage, des cheveux de Pelé paillettent le sol de reflets d’or, j’aime beaucoup ! Nous explorons la petite caverne du Chisny avant de regarder le soleil disparaître derrière un relief. La température a bien baissé, lorsque nous rejoignons la voiture il fait 8°C, nous nous réjouissons d’avoir emporté la couette !

La Fournaise se dévoile timidement sur le chemin du retour

La caverne de Chisny

Nous redescendons un peu afin de chercher un emplacement pour notre bivouac du soir. Le soleil est couché et le ciel, maintenant parfaitement dégagé, se teinte d’orange et d’or. Les montagnes se découpent distinctement, le Grand Bénare, le Piton des Neiges, tels des coups de serpe noirs sur les couleurs vives du ciel pendant que les nuages montent de la vallée.  Le spectacle est sublime… Ce soir, j’ai le sentiment d’avoir trouvé l’or du temps 🙂

Nous pensions nous remettre sur un spot que nous aimons bien, mais un groupe est installé à côté et attaque bruyamment les bières et le feu de camp, alors nous changeons nos plans et nous installons un peu plus bas, sur une grande aire un peu en retrait de la route. Elle est toujours pleine à craquer le week-end, mais ce soir elle est déserte, c’est parfait ! On croise les doigts pour que personne ne vienne se coller à nous tardivement… La chance nous sourit, nous resterons tranquilles toute la nuit (enfin, exception faite de quelques bruits bizarres autour de la tente en soirée, et d’une poubelle éventrée plus loin… on dirait que nous avons quand même eu un peu de visite !)

Nous passons une très bonne soirée et nuit sous la tente. Les températures restent autour de 7-8°C, mais Benoît n’a pas froid, et moi je me sers de lui comme d’un radiateur personnel 😉 En début de soirée le ciel est parfaitement dégagé, nous voyons très distinctement la voie lactée, c’est là encore un spectacle magnifique… Un point un peu plus lumineux attire notre regard, nous pensons qu’il s’agit de l’ISS.

Le lundi matin, lorsque nous nous réveillons, le ciel est clair et nous voyons bien les différents remparts qui nous entourent. Nous nous débarbouillons à la rosée du matin, petit-déjeunons et replions la tente. Les bivouacs comme ça, ce n’est vraiment que du bonheur !

Vue sur le piton des Neiges depuis notre spot bivouac

Nous attaquons ensuite notre rando du jour, jusqu’au point de vue du Morne Langevin. La rando est censée être plus facile que celle d’hier d’après notre guide, mais nous la trouvons plus dure, avec plus de dénivelé et un sentier beaucoup plus pierreux. Nous marchons sur la crête entre la plaine des Sables et la plaine des Remparts, avec de magnifiques points de vue quasiment en permanence. On aime ! Au bout d’une heure et demie de marche nous arrivons au point de vue, que je classe illico parmi l’un des plus beaux points de vue de la Réunion… Nous sommes comme dans un nid d’aigle, avec vue sur la vallée de Langevin, Grand Coude, Saint-Joseph et l’océan. C’est sublime ! Nous arrivons juste à temps pour bien profiter de la vue avant que les nuages ne s’installent.

Vue sur la plaine des Sables

L’impressionnant Cassé de la plaine des Sables vers Langevin, avec ses cascades de lave désormais figées

Au loin, la Fournaise

Après avoir bien profité du panorama et de notre pique-nique, nous faisons demi-tour et rentrons d’un bon pas vers la voiture. C’est que l’heure tourne, et nous ne voulons pas rentrer trop tard à la maison car j’ai rendez-vous chez la kiné en fin d’après-midi. Nous redescendons donc tranquillement vers Saint-Denis, non sans admirer une dernière fois les paysages et la végétation du volcan… Le piton de la Fournaise et ses environs sont l’endroit que je préfère à la Réunion, et ces deux jours d’escapade auront été particulièrement riches en beaux panoramas et luminosités sublimes ! Vivement qu’on y retourne 😉

Plaine des Sables et Fournaise dans le lointain

Infos pratiques pour faire ces randonnées :

  • Piton de Bert / Piton de l’Eau par les Foc-Foc: 14km, 120m de dénivelé + et –, environ 4h30-5h de marche sans se presser. Nous avons trouvé ce sentier très facile, on marche sur une route forestière bien large. Si vous poursuivez comme nous jusqu’au début des puys Ramond, rajoutez bien 4km A/R et 1H20 de marche. La zone mériterait plusieurs heures d’exploration… On y retournera !
  • Rando du Morne Langevin: 7,5km, 220m de dénivelé + et -. Le sentier est assez accidenté et plus dur que celui de la veille, mais reste malgré tout très faisable ! Il y a peu de dénivelé, et nous avons mis moins de temps que les 3 heures A/R annoncées.
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2 réflexions sur “Au Volcan, trouver l’or du temps ! (14 et 15 juin 2020)

  1. Coralie dit :

    Coucou à vous deux, encore de superbes paysages dans cette rando !
    C’est étonnant les cheveux de pelé, je ne connaissais pas.
    La caverne est impressionnante, on dirait une sorte de mâchoire…. 🙂
    Bises

    • Coucou ! Merci pour ton message 🙂 J’avais entendu parler des cheveux de Pelé il y a quelques temps, j’avais lu un article à ce propos après la dernière éruption, mais je n’en avais jamais vu…
      quant à la caverne c’est vrai, tu as raison ! Bon elle n’était pas très profonde, mais quand même… Il y a pas mal de cavernes volcaniques comme ça dans la zone, cela donne envie d’explorer davantage !
      Bises et à bientôt 🙂
      Aurélie.

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