[Antarctica #18] – Passage du Drake, nuit mémorable, cap Horn et arrivée à Ushuaia (du 27 février au 1er mars 2019)

Deux journées de mer sont nécessaires pour rejoindre Ushuaia depuis la péninsule antarctique, via le passage du Drake. Ce passage est craint des marins car il peut être très (très très) agité… C’était ma principale appréhension lors de la préparation de ce voyage – enfin, jusqu’à ce que l’on essuie la grosse tempête avec les vagues de 15-20 mètres entre Géorgie et Antarctique, là je me suis dit que cela ne pourrait pas tellement être pire ! Au final, nous avons eu un passage du Drake plutôt calme, c’était parfait ! Benoît en a même ressenti une certaine déception ^^

Comme toujours, journées de mer ne riment pas avec inactivité, et nous avons fait pas mal de choses durant ce laps de temps. Le mercredi, après une bonne grasse matinée, je commence la journée avec une petite séance d’observation des oiseaux sur le pont avec Rob et Monica. J’ai vu ma première wilson storm petrel ! Nous visitons ensuite le poste de commandement. Le capitaine nous explique comment fonctionne le bateau, c’est intéressant… mais bien trop instable pour moi, je suis obligée de quitter les lieux avant la fin tellement je me sens nauséeuse ! Vomir sur le tapis du capitaine, cela ne ferait pas bon effet… J’ai tout de même le temps d’apprendre que les déchets alimentaires du restaurant sont transformés en eau par des bactéries, avant d’être rejetés à la mer.

Poste de commandement

Quand des peluches surveillent la mer…

En fin de matinée nous assistons à une conférence passionnante de Bob sur son expérience antarctique. Nous apprenons qu’il a travaillé à plusieurs reprises sur des bases antarctiques – il y a même un glacier qui porte son nom ! Il nous montre de vieilles photos des bases, c’est très intéressant de voir à quel point les choses ont changé…  notamment concernant la gestion des déchets (en 1960 cela ne les gênait pas de tout empiler sur la glace et de ne plus s’en occuper). Nous rendons ensuite nos boots, avec un gros pincement au cœur !

Bob…

… et sa photo prémonitoire !

L’après-midi nous prenons nos deuxièmes 24H de wifi gratuites, sous le nom de Benoît cette fois-ci. On se remet à jour de nos mails, de facebook et on publie un peu ici ! J’assiste encore à quelques conférences, je passe observer des pierres au science corner… En fin d’après-midi nous allons au « Antarctica recap », une présentation-bilan de notre séjour en Antarctique. Tessa nous parle de son voyage antarctique de trois semaines en canoé-kayak, Sam lit un poème de sa composition… C’est très chouette.

Un coeur de baleine bleue, c’est vraiment gros (je précise que c’était une maquette, pas un vrai coeur…)

Après le dîner, c’est l’heure de la crew party ! Pendant près d’une heure et demie les spectacles s’enchaînent : chansons, chorégraphies dansantes… tous préparés par des membres de l’équipage. Certains sont complètement déjantés, on adore ! A la fin tout le monde est invité à rejoindre la piste de danse. L’ambiance est bonne et la plupart des passagers se prêtent au jeu. Et puis, peu à peu la salle se vide, tout le monde part se coucher… sauf Sam, Sarah, Benoît et moi. Nous avons la piste de danse pour nous quatre, Sam relie son téléphone aux enceintes, et on se fait notre propre programmation musicale. Sam nous fait découvrir « Right here », une chanson planante bien comme il faut, puis Sarah met ensuite « Aurélie », une chanson allemande dont elle me parlait depuis plusieurs jours, et j’enchaîne avec « Don’t stop me now » de Queen… La piste nous appartient, elle tangue de droite à gauche, derrière la vitre la neige tombe à gros flocons, le temps se fige dans l’instant, la nuit nous appartient… On se couche tard, très tard, mais en ayant vécu un moment d’éternité que je ne suis pas prête d’oublier.

Le seasick band en action

Quand nos trois chouchous de l’expedition team poussent la chansonnette, on adore… (de gauche à droite : Monica, Lucie et Sam)

Le lendemain, c’est de nouveau grasse mat’ ! Pour la première fois de la croisière on zappe le petit déj’ 😉 Je passe la matinée de conférence en conférence. Certaines sont à l’intérieur, d’autres plus informelles ont lieu sur le pont. J’apprends que 1644 mammifères marins ont été vus lors de cette croisière, Monica nous parle de poésie en Antarctique, Sam de lichens (on ne change pas une équipe qui gagne !) et Verena de zones géobiologiques. Je vois mon (probablement) dernier wandering albatros… comme un adieu à l’Antarctique… Nous faisons le tour des vitrines du bateau, qui exposent des objets datant des premiers Fram (fin du XIXè siècle).

Fram 2 (1898-1902)

A 16 heures, nous passons le Cap Horn ! Nous sommes à 3 miles, nous voyons très bien le phare et le monument aux marins disparus en mer.

Passage du Cap Horn

Cap Horn. A gauche le monuments des marins, à droite le phare

Dernier tea time face au cap Horn

En fin d’après-midi c’est le discours du capitaine. Nous avons parcouru 3768 miles durant ce voyage ! Le speech est suivi d’une séance de vente aux enchères au profit d’une association. Ils vendent le drapeau du bateau (il part pour 220 dollars !), la carte qui était affichée dans le bureau du capitaine durant le voyage, une carafe à whisky achetée en Géorgie…

Le discours du capitaine

Le fameux drapeau, qui a flotté au-dessu du bateau tout le long de la croisière. Il a été signé par le capitaine, Tessa…

La carte de navigation

Nous enchaînons ensuite avec un dernier jacuzzi-sauna, et en rentrant nous avons la surprise de recevoir nos diplômes de « camping polaire » assorti de bonnets et de bandeaux. Il n’y a pas à dire, ils assurent chez Hurtigruten…

 

Le moment où j’ai perdu Benoît 😀

Après le dîner nous jouons aux cartes avec Sam, Lucie, Hannes, Sarah et Thess. On va dire qu’on a bien sympathisé avec l’équipe d’expédition (comment ça on est des fayots ? ;-)) On rigole bien… et on se couche tard… après un dernier tour sur le pont… la nuit va être courte !

Equipés pour braver le froid de la nuit !

Dernière balade sur le pont

L’un de mes coins favoris durant mes longs séjours sur le pont : la soufflerie de la cuisine ! Un peu de chaleur dans le froid polaire 😉

Le lendemain, lorsque j’ouvre le store, point d’iceberg ni d’océan… mais le port d’Ushuaia. Nous voilà de retour… Nous bouclons nos valises, profitons une dernière fois du buffet de petit-déjeuner, refaisons un petit tour sur le bateau en attendant l’heure limite de débarquement (le check-in dans notre airbnb à Ushuaia ne se fera qu’en toute fin de matinée, alors on reste au maximum au chaud ;-)), et essayons de ne pas trop laisser la nostalgie nous gagner (mais c’est compliqué). Voici donc la fin de ce fabuleux voyage… « Ne pleurons pas parce que c’est fini, sourions parce que cela a existé ! »

Débarquement…

.. de retour à Ushuaia !

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6 réflexions sur “[Antarctica #18] – Passage du Drake, nuit mémorable, cap Horn et arrivée à Ushuaia (du 27 février au 1er mars 2019)

  1. Quelle expérience! Ah cette chanson allemande! On me la ressort à chaque fois que j’y vais ^^

  2. Fran et Nat dit :

    Bonjour
    Super reportage…nous c’est en cette fin d’année à bord du nouveau Roald Amundsen!
    Une question sur les peluches (trop marrant)…faut-il en laisser une pour compléter?

    • Bonjour et bienvenue sur ces pages ! Merci pour votre message. Vous allez vous régaler avec ce superbe voyage, avec en plus la chance de découvrir le Roald Amundsen. J’espère juste que vos bagages ne finiront pas comme ceux des malheureux passagers de novembre 😉
      Quant aux peluches elles étaient dans le poste de pilotage… je ne sais pas si c’est capitaine ou bateau dépendant par contre ! Enfin vous pouvez toujours en apporter une 😉
      Je vous souhaite un très beau voyage !

      • Fran et Nat dit :

        Bonjour et il reste encore quelques heures pour vous dire Bonne Année 2020!
        Oui, notre voyage a été à la hauteur de nos attentes (même s’il manque quand même le Cap Horn, à cause d’un mauvais temps qui nous a fait tracer directement sur les Shetlands du sud…enfin il manque à mon palmarès de « passager au long cours »…pas à Nat qui a bien utilisé les sacs à vomir lors de la matinée du Drake, malgré son patch).
        On ne se remet pas rapidement d’un tel émerveillement (et pourtant mon voyage dans les TAAF de 1997 était déjà « le voyage de ma vie »…voici le deuxième donc) surtout quand on retourne dans l’urbanisation de l’IdF!
        Si vous avez Facebook, Hurtigruten a donc mis à dispo des voyageurs un groupe dédié, où je publie des mini-reportages de ce voyage (François Gerbo).
        Et puis, si vous êtes lecteurs, je vous recommande vraiment le roman historique de Jean Raspail « Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie », que j’ai dévoré plus particulièrement dans le canal de Beagle.

      • Super ! Merci pour votre retour ! Je ne connaissais pas ce groupe, j’ai demandé à l’intégrer, je lirai vos reportages avec grand intérêt. Merci aussi pour le conseil lecture, que je note !
        Arf, dommage pour le Cap Horn… Mais comme le dit Isabelle Autissier dans son « Salut au Grand Sud » (que je vous recommande d’ailleurs +++), « il naît même un certain plaisir à savoir renoncer. L’échec crée le désir, le désir fou de revenir un jour »… Cela sera peut-être pour « le troisième voyage de votre vie », qui sait 😉
        A bientôt !

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