Mes lectures 2022 : le top 10 !

« – Vous prenez les choses trop à cœur, soupira Marilla. Je crains que la vie ne vous réserve bien des déceptions.
– Oh, mais, Marilla, espérer des choses, c’est déjà la moitié du plaisir qu’elles vous procureront ! s’exclama Anne. On ne les obtient peut-être pas, mais rien ne nous empêche de prendre du plaisir à les attendre. Madame Lynde dit que celui qui n’attend rien est heureux, car il ne sera pas déçu. Mais moi, je crois que c’est bien pire de ne rien attendre que d’être déçu. » – Anne of Green Gables, Lucy Maud Montgomery

L’année 2022 fut une année mitigée en termes de lecture, avec « seulement » 27 livres lus. Elle avait pourtant commencé sur les chapeaux de roues grâce aux longues siestes de MiniChou sur moi en début d’année, mais le printemps me fut ensuite fatal avec seulement trois livres lus sur la période mars-juin, et la deuxième partie de l’année ne fut pas suffisante pour rattraper le rythme. Ce n’est pas grave, j’ai fait bien d’autres choses en 2022, et puis j’ai fait de belles découvertes malgré tout, que je vous partage ici dans le désormais traditionnel Top Ten inversé. N’hésitez pas à partager vos propres coups de cœur 2022 en commentaires 🙂

10) Naoto, le gardien de Fukushima, de Fabien Grolleau et Ewen Blain

Ce roman graphique raconte l’histoire vraie de Naoto, un fermier qui vit avec ses parents à deux pas de la centrale de Fukushima. Lorsque le tremblement de terre qui endommage cette dernière se produit, il est évacué… puis décide de revenir chez lui, sur ces terres dévastées où quelques animaux tentent de survivre. Pour lui, les vies animales valent autant que les vies humaines, et il va faire son maximum pour les aider et pour lutter contre les abattages massifs demandés par les autorités japonaises. J’ai beaucoup aimé cette lecture, qui donne une autre perspective sur la catastrophe de Fukushima, et qui illustre à quel point personne ne veut vivre une catastrophe nucléaire… Naoto est connu pour être l’homme le plus irradié du monde. Il a donné plusieurs conférences sur son expérience de vie à Fukushima, et s’est finalement marié avec sa traductrice. Ils ont eu un petit garçon ensemble, qui vit à Tokyo avec sa mère pendant que Naoto continue de faire des allers-retours entre Tokyo et Fukushima.

« Regardez le monde autour de vous, la vie que vous aimez tant… Quand un accident nucléaire survient, c’est fini. Les fleurs, les champignons, les insectes, c’est fini. Les prairies, les forêts, les rivières, les montagnes… Tout est fini. La nature, c’est fini. Pour toujours. »

9) Harold et Maude, de Colin Higgins

Harold est un jeune homme de 19 ans, à l’imagination tout aussi débordante que macabre. Son passe-temps préféré ? Simuler son suicide, de préférence devant sa mère. Maude quant à elle à 79 ans, adore la vie, les cimetières, poser nue et voler des voitures. Quand ces deux-là se rencontrent (à un enterrement bien sûr !), cela fait des étincelles… Ce roman est l’adaptation du film du même nom ; je l’ai trouvé plein d’humour et délicieusement décalé ! Il m’a donné envie de voir le film…

« – Mais Harold, nous commençons de mourir dès le jour de notre naissance. La mort n’a rien d’extraordinaire. Ni de surprenant. Elle fait partie de la vie. Et ce n’est jamais qu’un départ. »

8) Kilomètre Zéro, de Maud Ankaoua

Maëlle, directrice financière d’une start-up, ne vit que pour son travail. Son équilibre est bouleversé lorsque Romane, sa meilleure amie, lui demande de lui rendre service et de partir au Népal – question de vie ou de mort… Ce voyage sera l’occasion pour Maëlle de changer de perspective sur les choses et sur le monde. J’ai eu du mal à accrocher à ce roman au début, je le trouvais un peu gnan-gnan. Et puis, petit à petit, je me suis prise à l’histoire et aux réflexions contenues à l’intérieur… Une jolie découverte au final, qui m’a rappelé notre voyage népalais de 2012 !

 « Nous sommes seuls responsables de l’état d’esprit dans lequel nous décidons de vivre à chaque instant. »

7) Coming In, d’Elodie Font et Carole Maurel

Ce roman graphique retrace, avec sensibilité et humour, la découverte et l’acceptation de son homosexualité par Elodie, de ses 15 ans à ses 35 ans environ. L’auteure explique le titre de ce roman de la manière suivante : « Quand on évoque l’homosexualité, on pense souvent au « coming out », ce moment où l’on s’ouvre à nos proches de notre différence. Dans mon cas, le plus difficile a été de me le dire à moi-même, de faire le deuil de tout ce que j’avais projeté, de faire le deuil de mon hétérosexualité. D’oser, enfin, être celle que j’étais depuis toujours. De faire mon « coming in ». » Une lecture que j’ai trouvée très intéressante et touchante !

« Je ne sais pas si on oublie un jour ces grimaces et ces mots, ceux prononcés par des proches avant qu’ils connaissent nos désirs, avant qu’ils sachent vraiment qui nous sommes. »

6) La fille de Brooklyn, de Guillaume Musso

Raphaël, écrivain renommé, se prépare à épouser Anna. Quelques semaines avant le mariage, celle-ci lui pose une étrange question : « Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ? » avant de disparaître… Il se lance alors à sa recherche autour de la planète. Ce thriller mené tambour battant restera pour toujours très particulier pour moi, puisque ce fut le premier livre que j’ai lu de retour chez nous après la naissance de MiniChou. Je me souviendrai toute ma vie des longues séances de lecture sous la couette, avec mon petit bébé tout neuf endormi lové contre moi… De bien doux souvenirs.

« Je suis cette fille solaire qui court sur le sable tiède de Palombaggia. Je suis le vent qui fait claquer les voiles d’un bateau en partance. La mer infinie de nuages qui donne le vertige derrière le hublot. Je suis un feu de joie qui brûle à la St Jean. Les galets d’Etretat qui roulent sur la plage. Une lanterne vénitienne résistant aux tempêtes. Je suis une comète qui embrase le ciel. Une feuille d’or que les rafales emportent. Un refrain entraînant fredonné par la foule. Je suis les alizés qui caressent les eaux. Les vents chauds qui balaient les dunes. Une bouteille à la mer perdue dans l’Atlantique. Je suis l’odeur vanille des vacances à la mer et l’effluve entêtant de la terre mouillée. Je suis le battement d’ailes du bleu-nacré d’Espagne. Le feu follet fugace qui court sur les marais. La poussière d’une étoile blanche et trop tôt tombée. »

5) Je ne reverrai plus le monde, d’Ahmet Altan

Romancier et journaliste turc, Ahmet Altan est arrêté en 2016 suite à une tentative de putsch, envoyé en prison et condamné à perpétuité. Ces textes sont écrits de sa cellule, et mêlent récits de sa vie carcérale et réflexions philosophiques. Un texte rare et précieux, témoignage de résilience et d’humanité dans le chaos. Il fut finalement libéré en 2021.

« Je suis écrivain. Je ne suis ni là où je suis, ni là où je ne suis pas. Vous pouvez me jeter en prison, vous ne m’en­fermerez jamais. Car comme tous les écrivains, j’ai un pouvoir magique : je passe sans encombre les murailles. »

4) Retour à Martha’s Vineyard, de Richard Russo

En 1969, Teddy, Lincoln et Mickey, étudiants boursiers dans une faculté huppée de la côte Est des Etats-Unis, se surnomment les trois mousquetaires. La quatrième mousquetaire, c’est Jacy, en rébellion contre son milieu social bourgeois, et dont ils sont tous trois secrètement amoureux. Le tirage au sort des appelés à la guerre du Vietnam, puis la disparition mystérieuse de Jacy lors de leur dernier week-end à quatre à Martha’s Vineyard fait voler tout cela en éclat. En 2015, les trois garçons devenus sexagénaires se retrouvent sur l’île, juste avant la vente de la maison. Les souvenirs affluent, et les interrogations aussi… Un roman très prenant, acheté à Saint-Malo lors de notre thalasso du mois d’avril, et que j’ai beaucoup apprécié !

« La lune au-dessus des vagues et la fraîcheur de l’air lui rappellent 1971, mais ce soir c’est différent, et pas seulement à cause de l’absence de Jacy. Ce soir, ils ne chanteront pas. Ils ont soixante-six ans, ils sont beaucoup trop vieux pour se convaincre que leurs chances sont bougrement bonnes, et que ce putain de monde s’intéresse un tant soit peu à leurs espoirs et à leurs rêves, en supposant qu’il leur en reste. »

3) La brodeuse de Winchester, de Tracy Chevalier

Angleterre, 1932. Violet Speedwell fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la première guerre mondiale a décimé des millions de jeunes hommes. Entre mépris, pitié et rigidité de la société, Violet se débat pour essayer de se créer une belle vie malgré tout. Cela passera par un déménagement à Winchester, où elle va rencontrer le cercle des brodeuses de la cathédrale… Même si la broderie ce n’est pas (du tout !) mon truc, j’ai beaucoup aimé cette histoire, qui s’inspire de celle de Louisa Pesel, la fondatrice de ce cercle de broderie. Le récit est précis, la langue ciselée, les réflexions fines, bref un très beau livre, et une ode à l’émancipation et l’indépendance féminines.

« Miss Pesel avait raison : enseigner les points à autrui vous aidait à les apprendre vous-même, les questions de l’élève vous obligeant à définir le pourquoi de vos gestes et à mettre le doigt sur ce que vous ne compreniez pas réellement. »

2) Tout le bleu du ciel, de Mélissa Da Costa

« Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple. » A la grande surprise d’Emile, quelqu’un répond à son annonce : Joanne, une jeune femme secrète et silencieuse, coiffée d’un grand chapeau noir. C’est alors le début d’un grand voyage en camping-car sur les routes de France, et d’un roman bouleversant et plein d’humanité. A lire avec un mouchoir à proximité…

« Ils rient à n’en plus pouvoir pendant deux, trois minutes, peut-être quatre, sans s’arrêter, sans réussir à reprendre leur souffle. Ils rient à en avoir la gorge brûlée, les yeux remplis de larmes, ils rient à finir par terre, à genoux, parce qu’ils ne tiennent plus debout. Bon sang, songe Émile quand il parvient enfin à reprendre son souffle, ça, c’est la meilleure thérapie du monde. »

1) Anne de Green Gables, de Lucy Maud Montgomery

Mon coup de cœur 2022 : la série des Anne ! J’avais déjà entendu parler de ce classique de la littérature jeunesse outre-manche, puis j’ai découvert et adoré la série Netflix, qui m’a donné envie de lire le livre… ou plutôt les livres, puisqu’il d’agit d’un ensemble de huit romans ! Ils retracent la vie d’Anne, une orpheline pleine de fantaisie et d’imagination, adoptée par la sèche Marilla Cuthbert et son taciturne frère Matthew. C’est délicieusement vivant, joyeux, poétique et entraînant… et étonnamment moderne bien que ces textes datent de plus d’un siècle. Je vous les conseille à tous !

« Anne soupira. Eh bien, encore un espoir déçu qui s’envole. Ma vie est un vrai cimetière d’espoirs déçus. J’ai lu cette phrase quelque part, et ça me console de la répéter à chaque fois que je connais une nouvelle déception.

– Je ne vois pas en quoi ça peut vous consoler.

– Mais si, c’est tellement beau et romanesque, comme si j’étais l’héroïne d’un livre, vous comprenez ? J’adore tout ce qui est romanesque, et un cimetière rempli d’espoirs déçus est, à mon avis, la chose la plus romanesque qui soit. »

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8 réflexions sur “Mes lectures 2022 : le top 10 !

  1. Morgane dit :

    KM ZÉRO j’ai adoré ! Et tu me donnes envie de lire le livre Tout le bleu du ciel, de Mélissa Da Costa. Tu l’as ?
    Et ça ma fait penser au film Still Alice avec Julianne Moore que je te conseille (dispo sur Netflix)

    • Oui je pense que « Tout le bleu du ciel » te plairait ! Je ne l’ai pas par contre, je l’avais emprunté à la bibliothèque.
      Si tu n’as pas lu « La fille de Brooklyn », il te plairait aussi.
      Et ouiiii Still Alice j’avais adoré ce film !

  2. Ophélie dit :

    Je note les romans graphiques, ma grande passion. 😀
    J’arrête pas d’entendre parler des bouquins Anne, du coup je me tâte vraiment à les lire… x

  3. Coralie dit :

    Merci pour ces recommandations !
    Alors à mon tour pour deux petites reco :
    – un autre roman de Tracy Chevalier, « La Dame à la Licorne » lu récemment après avoir découvert les fameuses tapisseries du même nom au musée de Cluny, ce n’est pas l’histoire des tapisseries (puisqu’on ne la connait pas), mais une version romancée, et c’est très bien écrit et prenant ! Une plongée dans la fin du moyen âge à Paris et Bruxelles.
    – « Les Impatientes » de Dajïli Amadou Amal un roman qui m’a accompagné en voyage et que j’ai terminé trop vite car passionnant. On y découvre la vie et les tourments de trois jeunes femmes Camerounaises aux prises avec les traditions et le patriarcat.

  4. Hello, je note toutes ces recommandations pour plus tard! J’ai déjà tout le bleu du ciel dans ma PAL mais pas les autres. Pour moi, plus de lecture cette année mais la pile ne désemplit pas ^^’

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