[Antarctica 2019 #6] – Journées de mer vers la Géorgie du Sud : conférences, albatros, baleines et mal de mer (13 et 14 février 2019)

Pour la Saint-Valentin, nous avons droit à des couettes en forme de coeur

Le tangage du bateau est très important ce matin… Je me réveille nauséeuse, on dirait que l’homéopathie n’a pas suffi ! Je passe au niveau 2, le Mercalm. Le niveau 3 ce sont les patches de scolopolamine, mais au vu des effets secondaires (en gros, assèchement global du corps…) j’aimerais autant m’en passer ! Le Mercalm se révèle efficace mais trèèèèèès sédatif sur moi, malgré sa caféine. Je passe une bonne partie de la journée à faire des siestes dans la cabine…

La journée est émaillée de diverses conférences et autres briefing. C’est tout d’abord Tom (dont je parlais hier – un autre de mes chouchous dans l’équipe, très sympa, très drôle et parlant français) qui nous fait un petit briefing concernant la Géorgie du Sud. Hurtigruten est membre de l’IAATO (International Association of Antarctica Tour Operators), et doit donc obéir à des règles strictes en particulier lors des débarquements, afin de limiter au maximum notre impact sur les écosystèmes locaux. Nous passons donc un bon moment à aspirer nos vêtements et sacs à dos et nettoyer à fond la semelle de nos bottes, afin d’éviter d’introduire des graines ou autres moreaux de plantes et d’animaux en Géorgie du Sud. Honnêtement, j’étais un peu sceptique, et en fait en regardant bien mes semelles de bottes, j’avais plusieurs graines des Falkland coincées dans les rainures, donc ce nettoyage n’était pas inutile…

Première étape de la « biosecurity » : l’aspiration des manteaux (sous la surveillance de Monica ^^)

Deuxième étape, le nettoyage des bottes !

Au science corner, nous observons du zooplancton collecté avant-hier à Saunders island. Il y a surtout des amphipodes, un crustacé « lobster-like » mais qui n’en est pas un, et un peu de krill. Nous apprenons que le krill peut mesurer jusqu’à 6 cm, et que tous les petits crustacés ne sont pas du krill ! Le nom « large » est zooplancton, le terme « plancton » désignant les éléments ne pouvant pas nager contre le courant. Il y a ensuite le phytoplancton (les parties végétales de ce plancton) et le zooplancton (les parties animales). Bref, on apprend plein de choses ! L’atelier est animé par Sam, un biologiste originaire du Svalbard (mon troisième chouchou à bord, et chouchou n°1 de Benoît ;-)) et Katia, une scientifique originaire de Sibérie travaillant désormais à Washington DC (pas de lien de cause à effet, a-t-elle précisé avec humour lors de sa présentation d’introduction ^^).

Le zooplancton que nous avons observé…

… avec Sam !

En fin d’après-midi Björn, l’historien du bateau, nous fait une conférence sur l’industrie baleinière en Géorgie du Sud. La Géorgie du Sud compte en effet de nombreuses stations baleinières, désormais désaffectées. La plupart d’entre elles ont été en activité entre 1910 et 1930. On y chassait la baleine, afin d’en extraire l’huile qui servait à tout un tas de choses (produits de beauté, produits ménagers, lampes à huile… les lampadaires de Londres fonctionnaient à l’huile de baleine). C’est le krach boursier qui a entraîné leur fermeture, car la demande pour cette huile s’est alors brutalement effondré. Merci le krach, il a certainement sauvé les baleines de l’extinction… En effet la chasse de ces animaux n’était absolument pas régulée, et les populations de baleines ont vu leur nombre s’effondrer durant cette période.

Petit tour sur le deck avant le dîner histoire de prendre l’air

Je ne me sens pas très bien avant d’aller dîner, et puis finalement cela me fait du bien de manger. C’est repas « américain » ce soir, plutôt bon, et en bonne compagnie : notre tablée de cinq est très sympa. Nous sommes avec un médecin canadien (anapath) et un couple d’anglais ; lui est expert-comptable et elle est dentiste à la retraite. Le contact passe bien !

Après le dîner, nous montons au salon panoramique pour le récapitulatif des Falkland. Nous voyons notre trajet, Sam reparle un peu du plancton… Quelques diapos très intéressantes sont présentées par Lucie, une invitée de l’association « Orca ». C’est elle qui repère les mammifères marins depuis notre départ. Elle déborde d’enthousiasme pour son travail, c’est très agréable. Elle nous apprend que depuis notre départ, nous avons croisé 206 mammifères marins, de 6 espèces différentes : des baleines (sei, humpback), des dauphins (pealse, commerson), des sea lions et des fur seals. Waouh ! Bon, on ne les a pas tous vus, mais on en a vu de chaque espèce c’est déjà ça 😉

Notre itinéraire aux Falkland

Je dors comme un bébé, bercée par le roulis du bateau. Lorsque je me réveille, je me sens nettement mieux que la veille. Soit le tangage s’est calmé, soit je commence à avoir le pied marin…

La matinée se passe tranquillement entre petit-déjeuner et conférences : la première sur les baleines, le krill et l’industrie baleinière, et la seconde sur les oiseaux de Géorgie du Sud. Sam et Monika sont des conférenciers que j’aime décidément beaucoup, ils savent rendre leur sujet intéressant et je les comprends très bien. Nous apprenons que si les baleines mangent énormément de krill, elles sont également indispensables à la prolifération de celui-ci… via leurs excréments, qui fertilisent l’océan. Je vois mon premier wandering albatross, tellement majestueux… Ces oiseaux font environ 3 mètres d’envergure, c’est fou ! Ils volent avec une élégance et une majesté incroyables, frôlant l’eau du bout de leur aile avant de remonter et de planer avec le vent… Ils peuvent ainsi parcourir des centaines voire des milliers de kilomètres sans battre des ailes.

Wandering albatross

Nous déjeunons avec un couple d’Anglais qui sont allés au Svalbard avec Hurtigruten il y a quelques années. Ils nous recommandent cette destination pour voir des ours polaires…. Nous nous posons ensuite un peu dans la cabine pour bouquiner et laver quelques vêtements, avant de ressortir sur le pont. Il paraît que nous approchons de Shag rocks, une zone où il y a souvent des baleines. Après une demi-heure d’attente vaine je me prépare à rentrer pour assister à une conférence, quand une annonce nous informe que celle-ci a été décalée car nous approchons de Shag rocks. Vers 14H30, le spectacle commence… quelques « pschiit » à l’horizon, bientôt suivis de dizaines d’autres. Le spectacle est incroyable… Au total, nous verrons plus d’une soixantaine de baleines en l’espace d’une heure : des jets d’eau, des dos, des nageoires dorsales, et même une queue. L’une des baleines passe à quelques mètres de là où je me tiens, suivie par un wandering albatross, c’est magnifique… Nous voyons également un groupe de sea lions qui sautent dans les vagues. Le capitaine fait quelques tours et détours pour que nous puissions bien profiter des baleines, c’est top ! Le soir, Lucie nous donnera le détail des animaux vus : finn whales, humpback whales, sei whales, un orque mâle (que je n’ai pas vu). Il y avait autant de pschiiiit car elles étaient certainement en train de se nourrir, dans cette zone très riche de l’océan.

Shag rocks

Le grand show des baleines

Nous nous offrons un petit goûter au salon panoramique, les scones sont toujours aussi bons ! La fin de journée se passe ensuite entre briefing sur la Géorgie du Sud, apéro à la chambre pour la Saint-Valentin (on a fait entrer une mini bouteille de vin pétillant en contrebande ;-)) et dîner avec deux Allemands voyageant seuls : Kurt, un médecin interniste, et Gisela, une mamie assez fantasque. Elle a réussi à rater les baleines aujourd’hui, et le prend bien. Ce soir c’est repas végé sur le thème de l’Equateur !

A l’heure du goûter…

… puis de l’apéro !

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6 réflexions sur “[Antarctica 2019 #6] – Journées de mer vers la Géorgie du Sud : conférences, albatros, baleines et mal de mer (13 et 14 février 2019)

  1. Jérémie dit :

    Génial, ça a l’air passionnant. Voir plus de 60 baleines, magnifique, quelle expédition! Je suis estomaqué. Vite le prochain épisode! (Et tu n’as pas de belle photo ou l’on voit bien un baleine?)

    • En fait j’ai reparlé avec la spécialiste des cétacés qui était sur le bateau, et après analyse des photos etc il y avait en fait 120 baleines en ce moment, réparties en quatre gros groupes. Fou !!
      Pour les photos j’essaierai de t’envoyer par mail celle que m’a donnée la photographe du bateau, elle est de meilleure qualité que les miennes.
      Bises !

  2. Kenza dit :

    Tes articles me vendent du rêve, ça donne vraiment envie !!

  3. Géraldine dit :

    Sur un cargo, remarque, on n’aurait certainement pas autant de conférences et d’infos sur cette région du monde qui nous fait tant rêver.

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