Mes lectures 2018 : le top 12 !

L’année 2018 a vu la consolidation de ma résolution « lecture » de 2017… On peut bel et bien dire que je me suis remise à lire, et cette année j’ai atteint mon objectif : lire 52 livres sur l’année, soit un livre par semaine. Je suis très fière de moi 🙂 Mes lectures ont été éclectiques, et j’ai même touché cette année à des styles vers lesquels je vais moins spontanément habituellement : la BD et l’héroic fantasy. J’ai essayé d’alterner lectures « faciles » et livres plus classiques. Ma découverte d’une bibliothèque municipale à deux pas de notre maison réunionnaise a grandement facilité mon accès à la lecture…

L’année dernière quelqu’un m’avait écrit que mon top 10 était très « voyageur » ; c’est vrai que je lis beaucoup pour m’évader au quotidien, pour découvrir d’autres vies, d’autres univers… Cette année encore la lecture m’a emportée en voyage. Elle m’a aussi permis de traverser plus sereinement le deuil dont je vous parlais précédemment. Ce dernier point n’a pas été vraiment conscient à la base, mais en relisant la sélection ci-dessous il me saute désormais aux yeux 🙂

Voici donc ci-dessous les titres qui m’ont le plus marquée en 2018.  Pourquoi un top 12 ? Parce que je n’ai pas réussi à faire un top 10 pardi 😀 J’ai fait de belles découvertes cette année, et n’en garder que dix était impossible. Ce sera donc un top 12, et encore, dans la douleur ! N’hésitez pas à partager dans les commentaires vos opinions sur ces titres si vous les avez lus, et vos coups de cœur 2018 ! Je n’ai pas encore attaqué la lecture de vos coups de cœur 2017, mais ce n’est que partie remise…

12 – Frappe-toi le cœur, d’Amélie Nothomb

Cela faisait une éternité que je voulais lire ce livre. J’attendais initialement qu’il sorte en poche, et je l’ai finalement trouvé à la bibliothèque. C’est la première fois que j’ouvre un livre écrit par Amélie Nothomb, une auteure qui m’a pourtant toujours fascinée. Au travers de l’histoire de Marie et de sa fille Diane, Amélie Nothomb aborde des thèmes aussi variés que la relation mère-fille, les espoirs déçus, et pose la question des choix que nous sommes tous amenés à faire…

«Lorsque les filles du cours parlaient de leur avenir, Marie s’esclaffait en son for intérieur : mariage, enfants, maison — comment pouvaient-elles se contenter de cela ? Quelle sottise de mettre des mots sur son espérance, à plus forte raison des mots aussi mesquins ? Marie ne nommait pas son attente, elle en savourait l’infini. »

11 – Fatale, de Ed Brubaker & Sean Phillips

Alors là je triche car cette BD est en fait en… 5 tomes ! J’ai découvert les trois premiers dans une braderie de BD à Saint-Denis, et Benoît m’a offert les 2 derniers à l’occasion de mon anniversaire. Entre mystère et fantastique, on suit le parcours de Joséphine, une femme fatale dans tous les sens du terme… Il faut parfois s’accrocher pour ne pas se perdre dans le temps et les personnages, mais le graphisme est top et j’ai beaucoup aimé cette lecture.

« Voilà comment ma vie a basculé en une journée. Tout a commencé aux obsèques de Dominic Raines… Et bien sûr, il faisait aussi moche que dans la plupart des romans du bonhomme. Cela dit, il n’y aurait pas eu foule, quoi qu’il arrive. Je crois que mon père était son seul vrai ami… et papa était interné depuis plus de dix ans. Ce qui explique que je me sois retrouvé exécuteur testamentaire de Raines. »

10 – La salle de bal, d’Anna Hope

Attrapé un peu au hasard sur le présentoir « nouveautés » de ma bibliothèque de quartier, ce livre m’a bien plu. Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle résidente : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. On la suit dans sa découverte de l’institution, où hommes et femmes vivent et travaillent chacun de leur côté, sauf le vendredi où ils sont réunis lors d’un bal animé par le Dr Fuller. Ella y rencontrera John, un « mélancolique irlandais ». Une lecture très intéressante sur la psychiatrie du début du XXè siècle !

« Elle sentit alors une puissance monter. Le même sentiment qu’elle avait eu à la filature, sauf qu’à présent il prenait racine, lui redressait l’échine. Il faisait noir, elle était seule, mais son sang circulait; elle était vivante. Elle allait l’étudier, cet endroit, cet asile. Se cacher au plus profond d’elle-même. Faire mine d’être sage. Et ensuite elle s’évaderait. Pour de bon cette fois. D’une manière à laquelle ils ne s’attendraient pas. Et elle ne reviendrait jamais.
Sois sage.
C’était ce que lui avait conseillé sa mère – sois sage – en lui pressant le visage contre sa poitrine au point de l’empêcher de respirer. Sa main telle la griffe d’une femme qui se noie.
Être sage, Ella savait ce que c’était. Elle le savait depuis toute petite. Être sage c’était survivre. C’était regarder sa mère se faire rouer de coups et ne rien dire pour ne pas y passer à son tour. Avoir la nausée parce qu’on était lâche de ne rien faire de plus. Prendre les coups une fois sa mère partie et ne jamais pleurer, ni montrer à quel point ils faisaient mal. Rentrer ses nattes sous ses vêtements, se fermer et travailler dur. Jour après jour après jour.
Mais être sage c’était seulement l’extérieur. L’intérieur était différent. C’était quelque chose qu’ils ne connaîtraient jamais. »

9 – Destination inconnue, d’Agatha Christie

Un bon vieux polar comme on les aime… Cela faisait des années que je n’avais pas rouvert un Agatha Christie, pourtant l’une de mes auteures préférées lorsque j’étais ado. Je suis tombé sur celui-ci par hasard à la bibliothèque, et je l’ai dévoré… On part à la recherche de Thomas Betterton, un scientifique qui a mystérieusement disparu et que certains soupçonnent d’être passé de l’autre côté du rideau de fer. L’héroïne du roman est sa femme – ou celle qui se fait passer pour elle… Je ne vous en dis pas plus ! Tous les ingrédients y sont, et j’ai beaucoup aimé me replonger dans le style d’Agatha Christie. Son écriture est  délicieusement désuète par moment, tout en étant très moderne dans son propos.

« Ça, oui, reconnut  Jessop. C’est de la folie, je suis bien d’accord avec vous. La mission que je vous propose est loin d’être de tout repos, et si nos soupçons se vérifient, vous y laisserez probablement votre peau. Comme vous le voyez, je suis franc avec vous, mais, à vous en croire, vous êtes prête, vous ne demandez même que ça. Il me semble que mourir dans ces conditions serait beaucoup plus amusant que de vous jeter sous un train. »

8 – Ceux qui restent, de Marie Laberge

Ceux qui restent, ce sont ceux que Sylvain a laissés quand il s’est suicidé. Son père, sa femme, son fils, sa maîtresse… Ce sont eux qui nous parlent dans ce livre, et qui racontent les jours d’après.  J’ai retrouvé avec bonheur la plume de Marie Laberge, une auteure que j’apprécie énormément depuis que j’ai découvert sa trilogie Le goût du bonheur, il y a une dizaine d’années. Marie Laberge aborde avec beaucoup de finesse et d’espérance ce difficile sujet, dans une écriture où le québécois a la part belle…

« Mais je sais une chose: en mourant, Sylvain m’a montré un chemin exigeant et terrifiant. Celui de vivre avec la perte, avec le vide sans continuer à le creuser. J’ai essayé, j’essaye de marcher droit avec ma part de creux et ma part de plein, et je sais que j’ai été choyé, que j’ai reçu beaucoup d’amour. […] J’ai beaucoup perdu parce que j’ai beaucoup reçu. »

7 – Les chroniques des crépusculaires, de Mathieu Gaborit

Agone de Rochronde se destine à une vie d’érudit itinérant. Toutefois, la mort de son baron de père vient bouleverser tout cela, et l’oblige à passer une semaine au collège de Souffre-Jour, où il va découvrir la magie et les arts de la guerre… C’est Benoît qui m’a conseillé ce livre. Je l’ai attaqué sans grande conviction, plus pour lui faire plaisir qu’autre chose j’avoue, et au final cela a été une très bonne surprise. J’ai très vite été prise par l’intrigue, et j’ai trouvé l’univers fascinant. Une belle découverte !

« J’empoignai Pénombre et me ruai dans leur direction.
Maître, c’est terriblement imprudent! » protesta la rapière.
Indifférentes à la morsure du feu, les gargouilles engageaient nos adversaires en duel et les étreignaient afin qu’ils s’embrasent à leur tour. Leurs hurlements couvrirent peu à peu le vacarme impuissant des cimeterres qui cognaient contre la pierre. De leurs côté, les Obscurantistes dépêchaient de petites colonnes d’étincelles qui serpentaient entre les branches et venaient s’enrouler autour des chevilles et des gorges. »

6 – Un clafoutis aux tomates cerises, de Véronique de Bure

Ce livre est le journal intime de Jeanne, 90 ans. On la suit dans sa vie quotidienne, ses petits bonheurs, ses difficultés et ses réflexions sur la vie et la mort… J’ai découvert ce livre par hasard à la Fnac, et je l’ai lu peu après la mort de ma grand-mère… Je l’ai lu en pensant beaucoup à elle ainsi qu’à mon arrière-grand-mère, j’ai un peu eu l’impression de les retrouver dans ces pages.

 « C’est étrange comme plus le temps passe et moins la mort me touche. Même celle des êtres les plus chers. Je crois qu’à force de voir les gens partir on s’habitue. On pleure des souvenirs, une solitude qui se dépose sur nos cœurs en couches de plus en plus épaisses, nous enveloppe et nous éloigne du monde. On est un peu entre deux eaux, entre la rive des vivants et celle des morts. Peut-être que celui qui part ne nous semble plus partir aussi loin. Il ne disparaît plus complètement, on le devine là-bas, au loin, mais plus si loin. Bientôt notre tour viendra d’aller le rejoindre. Peut-être est-ce pour cela que l’on est moins triste. Nous aussi avons commencé le voyage, l’autre a juste pris un peu d’avance. […] Le jour où Fernand et Marcelle partiront, c’est tout un pan de ma vie qui s’arrêtera. La vie ne s’arrête pas d’un coup avec la mort, elle commence à nous quitter bien avant, par morceaux.  »

5 – Le dernier jour d’un condamné, de Victor Hugo

Un classique dont j’avais beaucoup entendu parler sans jamais l’ouvrir… C’est désormais chose faite. On y lit les dernières pensées d’un condamné à mort, dans le Paris du XIXè siècle. Qu’a-t-il fait, on ne le sait pas et finalement cela n’a aucune importance… Ce livre – initialement publié de manière anonyme – est le plaidoyer de Victor Hugo contre la peine de mort. Je vous le conseille !

« Tout à coup l’un des valets m’a enlevé ma veste, et l’autre a pris mes deux mains qui pendaient, les a ramenées derrière mon dos, et j’ai senti les nœuds d’une corde se rouler lentement autour de mes poignets rapprochés. En même temps, l’autre détachait ma cravate. Ma chemise de batiste, seul lambeau qui me restât du moi d’autrefois, l’a fait en quelque sorte hésiter un moment ; puis il s’est mis à en couper le col. À cette précaution horrible, au saisissement de l’acier qui touchait mon cou, mes coudes ont tressailli, et j’ai laissé échapper un rugissement étouffé. La main de l’exécuteur a tremblé. — Monsieur, m’a-t-il dit, pardon ! Est-ce que je vous ai fait mal ? Ces bourreaux sont des hommes très doux. »

4 – L’enfant qui mesurait le monde, de Metin Arditi

Ce livre se déroule sur l’île grecque de Kalamaki, en pleine crise économique. Il raconte la rencontre de Yannis, un enfant autiste qui compte tout ce qui tombe à sa portée et de sa mère Maraki avec Eliot, un architecte américain solitaire qui étudie le nombre d’or. Le temps de ma lecture, je me suis sentie embarquée dans les Cyclades avec les protagonistes, et j’ai aimé la réflexion sur la différence et le deuil en filigrane. Je l’ai prêté à Benoît après l’avoir lu, il l’a beaucoup aimé également.

« Le monde changeait petit à petit, les gens s’habituaient au changement, et du coup, le désordre n’était plus du désordre, mais un ordre nouveau… Et ça, c’était une révolution. »

3 – A l’ouest rien de nouveau, de Erich Maria Remarque

C’est avec émotion que j’ai relu ce livre, qui m’avait beaucoup marquée lorsque j’étais ado. Ce livre est le témoignage d’un soldat allemand de la guerre de 1914-1918. Il raconte la guerre vue de l’intérieur, la transformation des hommes en bêtes, la lutte pour la survie, et l’humanité qui parfois ressurgit… Une lecture bouleversante que je vous recommande vivement.

« La vie ici, à la frontière de la mort, a une ligne d’une simplicité extraordinaire ; elle se limite au strict nécessaire, tout le reste est enveloppé d’un sommeil profond ; c’est à la fois notre primitivité et notre salut ; si nous étions plus différenciés, il y a longtemps que nous serions devenus fous, que nous aurions déserté ou serions morts. C’est comme s’il s’agissait d’une expédition aux régions polaires. Toute manifestation de la vie ne doit servir qu’à maintenir l’existence et doit forcément s’orienter dans ce sens. Tout le reste est banni, parce que ce serait gaspiller de l’énergie. C’est le seul moyen de nous sauver. »

2 – La mémoire des embruns, de Karen Viggers

Conseillé par ma cousine, ce livre est rapidement entré dans mon top 12 2018. Mary est au crépuscule de sa vie ; elle décide d’aller passer ses derniers jours à Bruny, une île de Tasmanie où elle a vécu plus jeune auprès de son mari, qui était le gardien du phare. Ce livre parle du vent, des souvenirs, de terres du bout du monde, d’Antarctique et du fait de n’être plus vraiment ailleurs, sans être réellement ici… Il m’a emportée sur cette petite île de Tasmanie, et m’a donné envie d’aller la découvrir « en vrai », de grimper sur les falaises et de sentir le vent venu tout droit du continent blanc. Il m’a aidée à patienter en attendant notre croisière de février prochain 🙂

« Elle fit une pause pour regarder la mer avec l’horrible sensation d’avoir une éponge dans la poitrine.
Elle avait intérêt à rentrer à l’abri du vent. Une fois sur la plage, c’était autre chose que de regarder par la fenêtre de la maison. East Cloudy Head ressemblait à un énorme morceau de roche brisée qui s’était soulevé de terre et pointait vers le pôle Sud. De l’autre côté de la baie, les falaises de dolérite grise de West Cloudy Head étiraient leurs profils bossus se terminant par des écueils. Les vagues affluaient du sud-ouest et l’horizon était barré par une bande courbe gris acier.
Un goéland géant vola au-dessus d’elle, tendit le cou pour la regarder puis s’éleva en planant dans un courant aérien. Les embruns chatouillaient sa peau que le sel picotait. Ici, elle était chez elle – l’air, le sel sur ses joues. La vie coulait de nouveau dans ses veines, une vraie vie. Elle était peut-être à l’article de la mort, mais elle se jura de continuer jusqu’au bout à vivre plutôt que d’être « naphtanalisée » dans une maison de retraite. »

1 – Le labyrinthe des esprits, de Carlos Ruiz Zafon

Ce sera mon coup de cœur 2018 ! On ne présente plus Carlos Ruiz Zafon… Je me souvenais que j’avais beaucoup aimé Le cimetière des livres oubliés, du même auteur, et je me suis rapidement rappelé pourquoi en lisant ce livre-ci. C’est en fait le 3è tome d’une trilogie qui peut se lire dans n’importe quel ordre. L’auteur nous embarque dans un véritable labyrinthe temporo-spatial, au cœur de la Barcelone franquiste, nous faisant rencontrer des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Outre la famille Sempere, on découvre la jeune Alicia Gris, une jeune femme atypique et que j’ai trouvé très attachante. Un coup de maître !

« Une histoire n’a ni début ni fin, seulement des portes d’entrée. Une histoire est un labyrinthe sans fin de mots, d’images et de pensées réunis pour nous révéler la vérité invisible sur nous-mêmes. En définitive, une histoire est une conversation entre une personne qui raconte et une personne qui écoute. Or un narrateur ne peut conter que dans la mesure de ses capacités, et un lecteur ne lit que ce qui est déjà écrit dans son âme. »

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2 réflexions sur “Mes lectures 2018 : le top 12 !

  1. Benoit dit :

    Je constate que ceux que tu m’as recommandé de lire tout au long de l’année se retrouvent dans ton top 🙂

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