J64 et J65 – Luang Namtha – Oudomxai – Phongsaly, un long trajet pour le bout du monde (5 et 6 mars 2016)

P1210811Notre prochaine étape est Phongsaly, tout au nord du Laos. Un bus direct s’y rend chaque jour mais est interdit aux étrangers car il traverse la Chine. Nous sommes donc obligés de couper le trajet en deux : un premier trajet jusqu’à Oudomxai, ce qui est un peu rageant car c’est plein sud alors que l’on va plein nord, puis un bus d’Oudomxai à Phongsaly. Les deux bus ne sont pas coordonnés et nous devons donc passer une nuit à Oudomxai. Phongsaly, ça se mérite !

Nous quittons donc Luang Namtha le samedi 5 mars au matin, non sans un petit pincement au cœur. Nous nous sommes vraiment sentis bien dans cette ville ! Les trois heures de bus vers Oudomxai se passent sans encombre et nous trouvons rapidement une chambre à quelques pas du centre-ville. La chambre est assez miteuse, la tuyauterie fuit dans la salle de bains et les ressorts semblent prêts à sortir des matelas, mais ça ira pour une nuit…

Autant le dire tout de suite, Oudomxai ne nous fera pas chavirer, loin de là… De notre arrivée à notre départ le lendemain, tout est soit compliqué soit sans génie. Cela commence avec le déjeuner ; j’ai lu beaucoup d’éloges d’un petit restaurant ici, Souphailins Restaurant. Partout est indiqué que la cuisine est tellement délicieuse qu’il faut persévérer en dépit de la file d’attente souvent longue, du coup nous décidons d’y aller tout de suite pour déjeuner. Cela s’avère en définitive une déception, nous ne trouvons pas les plats extraordinaires. Passe encore sur le « Gaspacho » qui me tentait tant et qui s’avère être une salade de légumes cuits et crus en sauce blanche sucrée  – ce n’est pas une recette locale, je peux le comprendre – mais le reste des plats 100% laotiens ne nous convainquent pas plus. Seule petite consolation, il n’y avait absolument personne, nous n’avons donc pas attendu des heures pour finalement être déçus 😉

L’après-midi passe lentement, il n’y a pas grand-chose à faire et nous nous sentons vraiment en transit sur la route de Phongsaly. Benoît se pose à la chambre entre PC et album photo, quant à moi je pars faire un tour en ville. Je monte notamment au sommet de la colline Phu That, dont le temple surplombe la ville. Il n’est pas extraordinaire mais disons que cela occupe ! Là-haut je fais la connaissance de trois jeunes Laotiens qui sont ravis de pouvoir parler un peu anglais, ils me posent toutes les questions qu’ils ont apprises à l’école, ça fait un peu interrogatoire mais c’est mignon.

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Vue sur Oudomxai depuis le sommet de la colline

Vue sur Oudomxai depuis le sommet de la colline

Le soir nous nous mettons en quête d’un restaurant, que nous ne trouverons pas. Benoît termine dans un boui-boui avec une soupe de nouilles, et moi je finis le reste de mes nouilles pas bonnes de ce midi. Notre fin de soirée est heureusement rattrapée par Orange is the new black, on continue le visionnage et on accroche bien !

Nous nous couchons ensuite comme nous pouvons entre deux ressorts ; le lendemain matin la malédiction d’Oudomxai nous poursuit, nous ne trouvons presque rien à acheter en prévision du long voyage qui nous attend. Nous partons « la fleur au fusil » comme dirait Benoît avec juste un peu de riz et un paquet de chips, ça risque d’être long et de gargouiller…

En route pour Phongsaly ! Notre bus n'a de VIP que le nom...

En route pour Phongsaly ! Notre bus (celui de droite) n’a de VIP que le nom…

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Le trajet pour Phongsaly prend neuf heures, sur une route de montagne, sinueuse et étroite, parfois en cours de travaux. Les virages se succèdent au rythme des haut-le-cœur et des vomissements des Laotiens, visiblement très sujets au mal des transports. Je garde les yeux fixés sur le paysage pour éviter le même sort pendant que Benoît bouquine, le petit veinard ! Nous nous enfonçons dans une région encore très enclavée et cela se voit, les paysages sont très campagnards, les villages que nous traversons sont petits et les constructions rudimentaires.

Les régimes de bananes sont entourés de sacs plastique bleus

Les régimes de bananes sont entourés de sacs plastique bleus

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Nous nous arrêtons pour déjeuner à 10H45, on ne se fait pas prier pour attaquer riz, bok choy et pois cuisinés ! Nous reprenons ensuite la route, le bus s’arrête régulièrement pour prendre de nouveaux passagers. Au beau milieu de nulle part un autre couple de Français monte, ils viennent du Vietnam tout proche. Leur bus les a déposés là et ils étaient prêts à marcher jusqu’à ce qu’un bus pour Phongsaly passe… La chance était de leur côté on dirait !

Pause déjeuner au bord de la rivière

Pause déjeuner au bord de la rivière

Nous sommes bien contents d’arriver enfin à Phongsaly. Notre aventure de transports n’est néanmoins pas tout à fait terminée, la gare routière est à trois kilomètres du centre-ville… Nous commençons à marcher puis les Français quelques mètres devant nous arrêtent un pick-up qui accepte de les monter en ville. Le chauffeur nous fait signe de nous incruster également, on ne se fait pas prier !

Commence ensuite le grand challenge de chaque arrivée dans un nouveau lieu : trouver une chambre pas trop miteuse pour pas trop cher, le tout au calme et pas trop loin du centre (challenge, quand tu nous tiens…) La recherche commence mal, les chambres que l’on visite sont sales, humides et chères. Nous finissons par trouver notre bonheur dans une petite guesthouse à une rue de la rue principale, la chambre est correcte, le matelas est bon (c’est un nouveau critère de choix depuis la chambre à Oudomxai ;-)) et le robinet signé Philippe Starck (au moins) achève de nous convaincre… !

Un robinet design !

Un robinet design (ou pas)

Une bonne douche plus tard nous ressortons dîner. Il n’est pas très tard mais nous ne voulons pas courir le risque de rater le coche, et nous faisons bien, Phongsaly n’a pas l’air très animée la nuit tombée. Ici il faut oublier les restaurants avec menus, on choisit directement dans le frigo ce que l’on veut manger. Nous optons pour des pois mangetout avec du tofu, mais la cuisinière refuse le tofu pour une raison qui nous échappe encore aujourd’hui. Ce sera donc pois mangetout et haricots verts, le tout avec une belle montagne de riz blanc. Nos estomacs sont plus que ravis !

Dinner time :-)

Dinner time 🙂

Nous nous couchons contents d’avoir triomphé de tout cela et d’être enfin arrivés à destination. Nous nous sentons vraiment au bout du monde, cela m’enchante mais Benoît a encore besoin d’être convaincu 😉

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6 réflexions sur “J64 et J65 – Luang Namtha – Oudomxai – Phongsaly, un long trajet pour le bout du monde (5 et 6 mars 2016)

  1. launaguet dit :

    Ton récit me fait penser à cette (belle) phrase de Nicolas Bouvier:
    « En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence. »

    Vous n’êtes certes pas perdus, mais c’est souvent dans ces lieux improbables que l’aventure commence 🙂

  2. Laurianne dit :

    Le Laos doit être sympa à visiter au niveau des paysages mais pour le confort, j’ai l’impression qu’on fait mieux !!! Heureusement, vous êtes jeunes… Je viens de regarder la carte pour me rendre compte de votre périple et je me rends compte que nous avons tourné pas mal autour du Laos, mais nous n’y sommes jamais allés. Il faudra peut-être combler ce manque, encore que les pays asiatiques ne sont pas notre tasse de thé ! Profitez bien du Japon, ce régal ! Bisous

    • Tu résumes bien, le Laos c’est très beau mais assez rustique niveau confort – en dehors des grandes villes touristiques telles que Vientiane et Luang Prabang. Idem pour la nourriture, dans le nord on n’en pouvait plus du riz… Si vous voulez allier Laos et confort la région de Luang Prabang est une bonne option, et offre pas mal de possibilités pour rayonner autour.
      Nous nous régalons effectivement au Japon maintenant, nous sommes sous le charme de Tokyo… Comme tu me le disais dans ton mail, le seul hic, c’est le coût de la vie ici ! On va dépenser plus en 11 jours ici qu’en un mois au Laos… Mais bon, il faut savoir se faire plaisir.
      Grosses bises !

  3. Véronique T. dit :

    Décidément, vous en avalez, des kilomètres. Toujours aussi intéressant de suivre votre périple. Faudrait voir à mieux prévoir la bouffe Benoît sinon c’est un épouvantail qu’on va retrouver la prochaine fois qu’on te verra…

    • Merci pour ton petit mot ! On est à Tokyo là, et Benoît se remplume, sauvé 😉 Ceci dit pour parachever le remplumage, il risque de lui falloir une petite pavlova maison en juin… 😉 Grosses bises !

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