Trois jours de road-trip en Brocéliande, #2 (du 6 au 9 juin 2014)

La nuit est courte, bien trop courte… Si le camping devient globalement silencieux à partir de minuit, il y a une grosse fête dans l’une des maisons du village, et autant dire qu’on l’entend… Benoît est ensuite réveillé à 7 heures du matin par le club des collectionneurs de 206 (si, si, ça existe !) qui commence à tenir salon à deux pas de notre tente, bref, on a connu mieux ! Nous décidons donc de plier bagage le matin, et de partir à la recherche d’un petit gîte douillet où nous pourrions enfin dormir en paix et en silence.

Les 206 vintage. Oui, tout se collectionne...

Les 206 vintage. Oui, tout se collectionne…

Avant de repartir nous faisons un petit tour dans Saint-Malo de Beignon. Nous flânons un moment dans le jardin des évêques, joli petit jardin fleuri avec quelques volières où nous admirons des oiseaux étonnants. Il y a notamment des pigeons assez incroyables, à collerettes, à plumes frisées… Nous n’avions jamais vu cela, ce serait plus sympa que les pigeons gris sur les trottoirs de Paris ! Un peu plus loin nous croisons un paon, qui se fait la roue lorsque les cloches de l’église se mettent à sonner.

Le jardin des évêques

Le jardin des évêques

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Les pigeons frisés

Les pigeons frisés

Trouver un gîte en ce week-end prolongé n’est pas chose aisée. Nous mettons déjà un bon moment à trouver un endroit où notre téléphone capte, et les gîtes et chambres d’hôtes que nous contactons sont soit complets, soit fermés pour cause de… week-end prolongé justement ! A Beignon il reste une chambre dans l’hôtel de la place du village, mais c’est cher (90 euros) et je ne suis pas très emballée… Je récupère en douce les codes wifi de l’hôtel et nous essayons de nous connecter, sans succès. Nous profitons de notre escale à Beignon pour visiter l’église Saint Pierre, assez jolie avec ses vitraux du XVIè siècle et ses sablières (petites frises) sculptées de la charpente. Comme à Paimpont hier, le monument aux morts est surmonté d’une statue peinte.

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Nous décidons alors de retourner à Paimpont, où nous trouvons rapidement ce que nous cherchons : un resto en terrasse avec un excellent wifi. Voilà qui est bien ! A partir de là tout se règle très vite. En deux clics nous trouvons un super gîte, tranquille comme on veut, à moins de 60 euros la nuit, le tout à cinq kilomètres de là où nous sommes. Victoire ! Il est tellement tranquille que nous avons un peu de mal à le trouver, mais nous finissons par arriver à destination. Nous sommes chaleureusement accueillis par Alexandra, la maîtresse des lieux, qui nous fait visiter notre résidence pour la nuit. Il s’agit d’une maison de gardien chaleureusement décorée avec un petit jardin privé, le tout entouré de champs où paissent des chevaux. Nous sommes ravis, c’est exactement ce que nous cherchions. Alexandra pousse la gentillesse jusqu’à nous fournir des draps, normalement pas compris dans le prix, bref, c’est le top. Nous voilà installés dans un véritable petit nid douillet…

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Nous profitons de notre nouvelle terrasse pour déjeuner, et puis nous repartons en direction des sites légendaires ! Notre premier arrêt est la Croix Lucas, une croix de schiste rouge qui marque l’emplacement du combat qui opposa au IXè siècle le prince breton Gurwan au comte de Vannes pour obtenir le royaume de Bretagne. Elle est située au milieu du coupe-feu qui sépare le Morbihan de l’Ille-et-Vilaine. 300 mètres plus loin se trouve le Tombeau du Géant, un monument mégalithique à l’origine composé de 4 menhirs. Datant de l’âge du Bronze (1500 avant JC environ), il aurait en fait abrité la dépouille mortelle d’un petit chef de tribu. Ah, les légendes…

La Croix Lucas

La Croix Lucas

Le tombeau des géants. Trois menhirs sont encore en place…

Le tombeau des géants. Trois menhirs sont encore en place…

et le dernier est un peu plus loin. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut s’asseoir sur un menhir !!

… et le dernier est un peu plus loin. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut s’asseoir sur un menhir !!

Dans le même secteur se trouve l’Hôtié de Viviane, ou tombeau des druides. Cette sépulture date d’environ 2500 avant JC, et se présente comme un ensemble de petits menhirs dans une grande prairie. Nous le trouvons assez facilement et nous sommes contents, car globalement ici les points d’intérêt ne sont pas très bien fléchés ! Nous croisons d’ailleurs un couple cherchant désespérément un château, indiqué il est vrai en début de balade, mais que nous n’avons jamais trouvé…

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Nous terminons la journée dans le Val sans Retour, une vallée légendaire qui serait le domaine de la fée Morgane, sœur du Roi Arthur. Celle-ci, trahie par son amant, aurait jeté un sort sur cette vallée : tous les hommes infidèles par le geste ou simplement la pensée, en resteront désormais prisonniers… Messieurs, prenez garde ! Plusieurs circuits à pied sont possibles, et une fois n’est pas coutume nous optons pour le plus court, de 2km. Nous prenons notre temps pour découvrir les merveilles de ce petit val, que je trouve fascinant…

Notre premier arrêt est le Miroir aux Fées, un petit lac censé réfléchir parfaitement le paysage alentour. Bon, je ne vous cache pas que l’étang de la Marette hier était plus joli ! Ceci étant, la légende qui se rattache à ce petit lac est bien  mystérieuse… On raconte qu’il y a très longtemps, les fées avaient passé le pacte de vivre dans les points d’eau, loin des yeux des hommes. Sept fées vivaient dans ce lac-là, en sortant uniquement la nuit pour admirer leur reflet dans les eaux calmes du lac. Un jour, la plus jeune d’entre elles tomba amoureuse d’un beau chevalier et rompit le pacte des fées, déclenchant par la même occasion la colère de ses sœurs. Une terrible bataille éclata alors, et du sang de fées se serait répandu, goutte à goutte dans toute la forêt. C’est ce qui aurait donné cette couleur pourpre si particulière au sol de la forêt de Brocéliande…

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Le miroir aux fées

Juste à côté se trouve l’Arbre d’Or, œuvre de François Davin après l’incendie de 1990. Il a recouvert un châtaignier calciné de feuilles d’or afin de symboliser le caractère fragile et précieux de la forêt, ainsi que la renaissance de la nature. Ce châtaignier est entouré de 5 chênes noircis symbolisant, en vrac, la destruction de la forêt par les hommes, les feux, la déforestation, le courage des pompiers (oui, oui, ça fait beaucoup !). Benoît est tout déçu d’apprendre que ce qu’il préfère dans l’œuvre, à savoir les multiples petites pierres de schistes rouges qui se dressent autour, sont juste là pour protéger l’arbre des voleurs curieux.

L'arbre d'or

L’arbre d’or

Le chemin monte ensuite assez sec jusqu’aux crêtes du Val sans Retour. En haut se trouve le Rocher des Faux Amants, en forme de cœur brisé, où la fée Morgane aurait enfermé son amant surpris à séduire une autre femme. Morgane, il ne faut pas lui raconter d’histoires 😉 Quelques mètres plus loin se trouve le Siège de Merlin l’Enchanteur, creusé à même le dos d’un dragon pétrifié, que Benoît adopte illico (sans réveiller le dragon, heureusement) ! Depuis ces crêtes en tout cas la vue sur le Val est superbe, et nous passons un long moment à le contempler… Je me sens en quelque sorte dans l’essence de Brocéliande, et je vraiment contente d’avoir pu retourner dans ce lieu qui m’avait tant emballée il y a de cela plusieurs années.

Le Rocher des Faux Amants

Le Rocher des Faux Amants

Le siège de Merlin

Le siège de Merlin

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Vue sur le Val sans Retour

Vue sur le Val sans Retour

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Nous reprenons ensuite la voiture jusqu’à notre dernière visite  du jour, le Jardin aux Moines. Les fonctions de ce site mégalithique datant de 3000 avant JC restent floues, on suppose qu’il s’agissait d’un lieu où les hommes venaient prier les dieux. Là encore plusieurs légendes sont liées à ce site. L’une d’entre elles raconte que des moines et des seigneurs locaux menaient une vie de débauche en ce lieu à la nuit tombée. Un soir, Saint Méen vint les prévenir de leur faute en les suppliant de mener une vie plus sage, mais les moines ne voulurent rien entendre et menacèrent même de se retourner contre lui. C’est alors qu’un éclair fendit le ciel et les transforma en pierres…

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Sur cette dernière visite nous retournons à Paimpont, centre de notre monde durant ce week-end… Cette fois nous cherchons un endroit où dîner, et autant vous dire que c’est bien plein ! Nous tombons en chemin sur la maison où la mère du Général de Gaulle entendit l’appel du 18 juin… maison actuellement à vendre, avis aux acheteurs ! Nous finissons par dénicher une charmante petite crêperie où nous nous attablons dans un jardin  « comme à la maison ». A nous les crêpes, arrosées de kirs bretons (cidre, crème de cassis et chouchen, un délice) !

Benoît se lance dans la crêpe au lait ribot

Benoît se lance dans la crêpe au lait ribot

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Coucher de soleil sur le lac de Paimpont

Coucher de soleil sur le lac de Paimpont

Après cette belle journée bien remplie, la perspective de rentrer dans notre petit gîte douillet nous emplit de joie… Mais il nous reste une dernière chose à faire avant de pouvoir nous reposer : lutter contre deux chats sauvages qui seraient bien rentrés se mettre au chaud avec nous !

Le chat guette !

Le chat guette !

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Une réflexion sur “Trois jours de road-trip en Brocéliande, #2 (du 6 au 9 juin 2014)

  1. Tatiana dit :

    oh ! notre ballade de cet té avec Eléonore en porte-bébé!
    Contente que vous ayez également apprécié !

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