J297 : Ou comment mettre deux fois plus de temps pour faire Bangkok-Vientiane que Bangkok-Londres…

Paulo Coelho écrit dans l’Alchimiste que toute quête commence par la chance du débutant, et s’achève par l’épreuve du conquérant. La bonne nouvelle, c’est qu’après ce Bangkok-Vientiane en train je sais que la suite de mon voyage ne sera que chance du conquérant, puisque j’ai déjà donné pour l’épreuve du débutant 😉

Ce voyage ne commençait pourtant pas si mal. Après avoir quitté Benoît je suis tombée sur un gentil chauffeur de taxi, et efficace avec ça, qui m’a conduite à la gare en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Un souci en moins donc, puisque j’étais tout de même un peu juste pour mon train. J’ai ainsi eu le temps de m’installer tranquillement. Le steward du wagon a proposé de me faire mon lit en avance, ce que j’ai accepté avec plaisir. Non, vraiment, tout commençait bien.

La gare Hualumpong de Bangkok

 

Mon petit lit !

Oui, mais… l’un des contrôleurs avait décidé que je devais rester assise sur un siège et pas sur ma couchette le temps que l’on parte. Trois remarques plus tard j’ai donc fini par descendre de mon perchoir… pour y remonter tout aussi vite : par terre il y avait de petits cafards !

Le temps passe ensuite assez vite entre dîner, lecture, blog, écriture… et secouage de mon voisin pour le réveiller, lorsque son téléphone se met à sonner pour la cinquième fois sans qu’il l’entende. Lorsque je me couche à mon tour, c’est pour réaliser que le ventilateur à côté de moi est super-bruyant, il doit être rouillé et toutes les dix secondes, lorsqu’il en est à un point précis de sa rotation, il fait de gros cling-cling. C’est le genre de trucs qu’il ne faut pas remarquer, sous peine de devenir folle…

Enfin, je finis par m’endormir. Je suis réveillée en sursaut un peu plus tard par un gros choc, comme si le train avait pillé net. Il est 1H30 et nous sommes effectivement à l’arrêt. La plate-forme du train est encombrée de curieux dont pour une fois je ne fais pas partie, et je me recouche… J’apprendrai le lendemain qu’un train venant en face a déraillé, d’où notre arrêt brutal… et prolongé.

Forcément nous avons pris du retard. L’arrivée prévue à 8H est finalement repoussée à 10H… puis 13H… puis 15H…  Le temps passe doucement entre lecture, blog tant que j’ai de la batterie, papotage avec deux Ecossaises, observation du paysage (limitée car je n’ai pas de fenêtre sur ma couchette) et recherche d’informations, il faut tirer les vers du nez des contrôleurs ! Mon visa thaïlandais expire aujourd’hui, et j’espère que nous arriverons à temps à la frontière. Je reçois aussi un texto de Benoît, qui est bien arrivé à Londres… Le petit veinard, moi je suis toujours dans mon train 😀

Je suis bien sûr partie avec peu de nourriture, pensant arriver avant le petit-déjeuner. Je finis par aller manger un morceau au wagon restaurant, je n’en peux plus.

Il est en définitive près de 17H lorsque nous arrivons à Nong Khai, terminus de notre train. De là je partage un tuk-tuk avec 6 autres personnes ; au lieu de nous conduire à la frontière comme demandé, il nous arrête à un stand pour faire faire de pseudos visas… Les autres hésitent, moi je bous ! Ça sent le coup fourré à plein nez… Les autres finissent par s’en rendre compte aussi, et nous repartons.

Je quitte la Thaïlande sans encombre – si ce n’est que le douanier me fait remarquer qu’il était temps ! – et je rejoins le Laos par le fameux « Pont de l’Amitié », au-dessus du mythique Mékong.

Premier coucher de soleil sur le Mékong

Les formalités de douane au Laos sont elles aussi assez simples, et j’obtiens rapidement mon visa. Le plus compliqué sera de trouver quelqu’un avec qui partager un taxi pour rejoindre le centre-ville. En effet, les taxis vont être un poste de dépenses bien plus élevé maintenant que je suis toute seule, alors je vais essayer de les partager au maximum. Je finis par trouver un couple d’Anglais qui ont un minibus pour eux tous seuls, et dont le chauffeur accepte de m’emmener aussi moyennant une somme raisonnable.

Il a bien du mal à trouver l’hôtel des Anglais, et me dit que le mien est « not possible ». Hum hum… Je finis par descendre avec les Anglais. L’hôtel est globalement de meilleur standing que ce que je cherchais, mais ils ont des chambres simples sympas à un prix correct, que je parviens en plus à négocier un peu. Pour 6 euros la nuit j’ai ma petite chambre au calme sous les toits, avec un lit assez grand, du bon wifi et un bureau… Maison !!! Je ne suis pas fâchée d’être arrivée… Voilà exactement 24 heures que j’ai quitté Bangkok.

Ma chambre, enfin

Je ne suis pas très courageuse ce soir, j’ai juste envie de me poser au calme… Du coup mon exploration de la ville se limitera à l’ATM du coin pour retirer un peu de cash, puis à un bref tour au marché nocturne histoire de m’acheter de quoi dîner. Riz, haricots verts et pamplemousse, un véritable festin après ce voyage galère !

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2 réflexions sur “J297 : Ou comment mettre deux fois plus de temps pour faire Bangkok-Vientiane que Bangkok-Londres…

  1. Benoit dit :

    Heureusement que c’est le train d’en face qui a déraillé !

    C’est la preuve qu’il ne faut jamais partir la fleur au fusil, toujours avec des paquets de biscuits / chips au cas ou.
    Sinon petite question: l’inversion « épreuve du débutant » est volontaire ?

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