De J198 à J199 : Jaipur, la ville rose (29 et 30 mai 2012)

Arrivée à Jaipur

Nous arrivons de (très) bon matin à Jaipur, et comme il est encore trop tôt pour aller chercher une guesthouse nous nous installons de nouveau dans le hall de la gare. Aurélie parvient à dormir un peu, pendant que Benoît surveille les sacs que nous avons également cadenassés ensemble par mesure de sécurité. Il y a beaucoup de vols dans les trains et dans les gares en Inde, alors notre premier achat hier a été une chaîne et un cadenas, pour attacher nos sacs ensemble…

Sur le coup des 6H nous nous mettons en route à pied – au grand désespoir des chauffeurs de taxi – en direction du Sonders Palace, une auberge repérée dans notre guide. Si ce n’est pas réellement un « palace » (on s’y attendait !), c’est un hôtel néanmoins confortable et notre chambre nous plaît beaucoup. Nous prenons notre petit-déjeuner sur le toit, avant de nous recoucher pour 3H de sommeil supplémentaires.

Notre chambre pour ces 2 jours à Jaipur

L’après-midi nous attaquons la visite de Jaipur, d’abord à pied puis en rickshaw (tuk-tuk vélo), c’est que les distances sont grandes ! C’est la première fois que nous prenons un rickshaw, et on se sent quand même moins en sécurité qu’en tuk-tuk moto dans la circulation infernale.

Jaipur, l’une des villes impériales du Rajasthan, est surnommée « la ville rose ». Nous comprenons vite pourquoi lorsque nous franchissons les portes d’entrée de la vieille ville, tous les bâtiments sont construits en briques roses, et souvent agrémentés de petites mosaïques blanches. C’est vraiment joli.

Arrivée dans la vieille ville en rickshaw

Nous commençons par la visite du Palais des Vents (Hawa Mahal), l’ancienne aile du palais royal réservée aux femmes du Maharadjah. Selon le purdah (loi islamique) celles-ci ne pouvaient en effet pas se montrer à d’autres hommes que le Maharadjah, et étaient donc cloîtrées dans ce palais, derrière persiennes, rideaux et voilages. C’était le harem des 200 femmes du Maharadjah, quoi ! Autant vous dire aussi que les intrigues allaient bon train dans ce palais, chacune de ces femmes essayant de promouvoir les intérêts futurs de leur fils.

La magnifique façade du Palais des Vents

Le bâtiment est superbe. C’est une succession de cours intérieures et de niches avec alcôves laissant deviner la ville en contrebas au travers de grillages sculptés. Ce palais possède de nombreux étages, de plus en plus aérés au fur et à mesure que l’on monte, d’où cette dénomination de palais des vents. Bon, ceci étant dit, le jour où nous l’avons visité il faisait 47°C, et on avait tout de même bien chaud en haut également.

L’une des cours intérieures

Aurélie observe la ville malgré le purdah

Nous optons pour la visite avec audioguide, vraiment très bien faite et instructive. Seul bémol à cette belle visite, notre statut de star est confirmé et nous commençons à fuir les paparazzis indiens prêts à tout pour avoir une photo de nous…

Vue sur la ville depuis le dernier étage du palais des vents

Nous restons jusqu’à la fermeture, puis partons nous promener un pied dans la vieille ville. Les rues grouillent d’animation, chacun a sa petite vie et il y a des choses à voir à tous les pas…

Marchand de noix de coco

Nous pensions ensuite rentrer tout doux à l’hôtel, mais nous rencontrons un chauffeur de tuk-tuk assez sympa, qui nous propose un petit circuit dans les environs de Jaipur, pour un prix raisonnable. Nous partons donc avec lui en direction du Monkey Temple, un temple situé sur les hauteurs de Jaipur… et infesté de singes. Ces derniers sont plutôt inoffensifs et nous ignorent, tant qu’on n’a pas de nourriture dans les mains. C’est la période des petits, et les femelles ont toutes leur bébé accroché à elles, c’est mignon ! Le temple est sympa, mais le plus sympa dans la balade est de pouvoir se promener à pied dans la « campagne », en tout cas dans des villages moins occupés que Jaipur. La vue de là-haut sur Jaipur est jolie, malgré la brume de chaleur qui nous empêche d’avoir une très bonne visibilité.

Il n’y a pas que des singes au Monkey Temple…

Monkey temple

Détail du temple

Vue sur Jaipur

Nous continuons ensuite jusqu’au Water Palace, ancien palais maintenant submergé par les eaux et situé au centre d’un petit lac. En cette fin de jour l’atmosphère y est très romantique !

Palais sur le lac (louable nous précise notre guide)

Troisième étape de notre petite excursion, les éléphants… C’est là que se reposent la nuit les éléphants qui travaillent la journée du côté d’Amber Fort, où nous irons demain. Notre guide/conducteur de tuk-tuk tient absolument à nous faire nous approcher d’eux, et Aurélie n’est que moyennement rassurée.

Dernière étape, le « village moghol »… ça sonnait bien, mais en fait ce sont des ateliers de teinturerie et de métallurgie, avec boutiques à la clé… et pourboire pour notre chauffeur si nous achetons quoi que ce soit.  Le temps que l’on comprenne, on râle, et le chauffeur nous ramène donc rapidement en ville. Lorsque nous le payons il nous réclame un « tip », un pourboire, aurait-il bien caché son jeu sous sa façade sympathique ? 😉

Nous pique-niquons tranquillement à la chambre avant de nous coucher, demain une grande journée de visite nous attend !

Mercredi matin, après un bon petit-déj sur la terrasse de l’hôtel, nous retrouvons notre fameux chauffeur de tuk-tuk pour une demi-journée d’excursion. Ses prix sont corrects, alors nous avons décidé de le reprendre malgré l’épisode de la veille. C’est finalement son père qui nous servira de chauffeur aujourd’hui.

Notre tuk-tuk

Nous partons donc en direction du Fort d’Amber, le grand fort qui surplombe Jaipur. Sur le chemin nous passons devant la maison de notre chauffeur car il a oublié ses lunettes de soleil. Toute la famille vient nous serrer la main !

La forteresse est entourée d’une muraille de 9km, et constitue ainsi l’un des plus grands forts du Rajasthan. Il commandait un passage stratégique sur la route de Delhi, et fut la capitale des nombreuses dynasties qui se succédèrent dans le secteur. Ça grimpe pour arriver au fort, et nous croisons en chemin plusieurs des éléphants rencontrés la veille, chargés de touristes trop fatigués pour marcher… ça fait de la peine de voir ces bêtes travailler comme ça.

Fort en vue !

La première cour

Le bassin devant le fort

La visite avec l’audioguide est intéressante, et c’est impressionnant de découvrir ce dédale de pièces et de cours intérieures ayant chacune leur fonction. Des efforts de rénovation ont été faits, et si tout n’est pas parfait certaines pièces sont très bien restaurées et nous donnent un bon aperçu de la splendeur passée de la forteresse.

Le dieu Ganesh, à tête d’éléphant

Le jardin des femmes

Ici aussi le purdah était en vigueur, et les femmes observaient le monde à travers ces petites fenêtres grillagées

La visite nous a pris 3 heures, et c’est un chauffeur passablement agacé que nous retrouvons devant le fort… Nous avions pourtant été très clairs quant au fait que nous aimions prendre notre temps, et il nous avait dit que le temps n’était pas un problème. Il nous conduit tout de même à notre prochain arrêt, le temple de Shiromani. Bâti en contrebas du fort d’Amber, ce temple est d’une rare finesse architecturale et nous avons un coup de cœur ! Par contre notre chauffeur nous colle aux basques, pour s’assurer que nous ne traînons pas trop… Il veut bien sûr repartir dès que nous avons terminé, mais nous souhaitons de notre côté faire un tour à pied dans la ville ancienne au pied du temple… et c’est ce que nous faisons !

L’entrée du temple est gardée par deux éléphants

La ville ancienne au pied du fort

Sur le chemin du retour notre chauffeur tient à nous arrêter dans une boutique (tiens, on a le temps maintenant… ?), ce que nous refusons. Nous nous faisons déposer devant le MacDo, le payons, ignorons ses « tip tip tip » et nous installons sous la clim face à bon burger. Ah, ça fait du bien de se poser !

Nous passons ensuite devant le Raj Mandir, censé être le plus beau cinéma d’Inde, avant de retourner dans le centre-ville où nous visitons l’Observatoire astronomique (Jantar Mantar). Ce dernier a été construit au 17è siècle, et est constitué d’instruments d’astronomie de taille immense, afin d’être plus précis. Le clou de la visite est un énorme cadran solaire avec des graduations toutes les 20 secondes, faisant de lui le cadran solaire le plus exact au monde. C’est impressionnant de voir cela, mais on doit dire que c’est un peu « la visite de trop » pour aujourd’hui… Les commentaires de l’audioguide nous semblent être un charabia incompréhensible, et nous avons bien du mal à saisir comment fonctionnent les appareils.

Le Raj Mandir

Le fameux cadran solaire…

Et le… heu… on ne sait plus ! Quand on vous dit que c’était la visite de trop…

Nous terminons la journée par une grande balade à pied dans les petites rues de la vieille ville, jusqu’au jardin entourant le Albert Hall Museum. Benoît trouve en chemin un opticien pour bidouiller ses lunettes, c’est cool !

La belle architecture du Albert Hall Museum

Nous rentrons en rickshaw à l’hôtel où nous nous posons en attendant notre train pour Jodhpur. Nous dînons sur le toit-terrasse, faisons un peu de blog… Bonne nouvelle, la liste d’attente a avancé et Benoît a maintenant une vraie couchette, dans le même compartiment qu’Aurélie. Nous sommes bien contents !

Petit dîner fort sympathique en terrasse

Et c’est reparti pour le train de nuit…

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4 réflexions sur “De J198 à J199 : Jaipur, la ville rose (29 et 30 mai 2012)

  1. Marie dit :

    et bien que de mésaventures, je dois dire que pour le coup ça ne donne pas trop envie de se risquer en Inde… sauf pour les éléphants, je les aime bien moi ces éléphants!

    • Nous sommes très ambivalents quant à notre séjour en Inde, de toute façon. C’est un pays fabuleux, très riche en terme de culture, de paysage, de monuments, de coutumes… mais c’est aussi un pays « difficile », qui demande beaucoup et où il est vraiment fatiguant de voyager. Après, cette fatigue est certainement due en partie aux conditions dans lesquelles nous voyagions. Si nous avions eu un budget plus élevé, nous aurions pu par exemple louer une voiture avec chauffeur pour la journée et nous épargner les négociations sans fin avec les tuk-tuks…
      A.

  2. Martin dit :

    Assez d’accord avec Marie. Ce doit être horripilant d’être considéré comme un portefeuille sur pattes et d’avoir ce sentiment d’être sous « enquête » de rentabilité constante…

    Mais les bâtiments sont magnifiques… et les Néphélants encore plus!!! (déformation Winniesque…)

    • C’est assez épuisant, oui… et le pire est qu’on devient hyper méfiant, soupçonnnant tout le monde d’être intéressé… D’où quelques quiproquos à notre arrivée au Népal, où là c’était différent 😉
      A.

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