Mines d’arsenic et village maudit de Rocca Spaviera (20 septembre 2018)

Deuxième grosse randonnée de ces vacances dans l’arrière-pays niçois, une grande boucle au départ de Duranus jusqu’aux anciennes mines d’arsenic de l’Eguisse, avec un aller-retour jusqu’au village fantôme de Rocca Spaviera. J’avais entendu parler de Rocca Spaviera il y a quelques années, dans un magazine il me semble, et j’avais été immédiatement été tentée par cette randonnée… C’est le temps qui nous avait manqué jusque là pour la faire. Quant aux mines d’arsenic, ça a été une question d’opportunités… Lorsque j’ai cherché début septembre des infos sur cette rando, j’ai trouvé deux circuits : un avec et un sans mines d’arsenic – mon choix a été vite fait 😉

Nous partons un peu plus tôt que pour la randonnée à Utelle, et nous nous garons sur la route juste devant le départ de la rando. On rentre tout de suite dans le vif du sujet, le sentier grimpe dans la forêt. Nous passons à côté des ruines d’une ancienne bergerie, voyons quelques champignons (mais pas de bolets ^^) et de jolies fleurs. Rapidement de jolis points de vue sur les montagnes commencent à apparaître. Sur la crête de celle d’en face nous reconnaissons un édifice rose : le sanctuaire de la madone d’Utelle, où nous étions avant-hier ! Nous croisons également une cascade quasiment asséchée, avant de nous poser pour déjeuner dans une petite clairière sur les hauteurs des mines de l’Eguisse. Il y a une grande tour tout près, nous comprendrons un peu plus tard qu’il s’agit de la cheminée de l’usine associée aux mines.

Le santuaire de la madone d’Utelle est sur la crête en face

La « cascade »

La tour de l’ancienne usine d’arsenic

Une fois rassasiés nous partons explorer le complexe autour des anciennes mines. Ces mines ont été exploitées de 1901 à 1931 ; à son maximum d’activité 18 ouvriers y travaillaient et 3 tonnes de minerai étaient extraites par jour. Aujourd’hui les bâtiments sont en ruine mais des éléments persistent malgré tout à l’intérieur, des vestiges de fours, de canalisations, des morceaux de ventilateurs, d’engrenages et de poulies… Nous essayons d’imaginer à quoi les lieux ressemblaient autrefois, et nous ne sommes pas tout à fait d’accord ^^ Nous essayons ensuite de trouver l’entrée des galeries, mais c’est un échec. Nous tombons par contre sur d’autres constructions avec notamment des citernes et ce qu’il reste d’un chariot. Un peu plus haut, après avoir repris notre marche, nous découvrons encore d’autres vestiges : un vieux lit en fer, des cabanes où vivaient probablement les ouvriers… C’est assez émouvant.

Dans l’ancienne usine

Ancien chariot ?

Au-dessus des citernes

Cadre de lit vintage ^^

Les maisons des ouvriers…

… avec juste à côté une énorme mante religieuse en train de manger un lézard !

Nous arrivons ensuite rapidement à la bifurcation conduisant à Rocca Spaviera. Nous marchons entre forêt et piste, et finissons par apercevoir des ruines sur la montagne d’en face… On y est presque ! En tout cas le « rocher de l’épervier » porte bien son nom, c’est escarpé ^^ Une dernière montée plus tard et nous arrivons devant la chapelle Saint-Michel, où nous nous reposons un instant. C’est une jolie chapelle de montagne, très belle dans sa simplicité, et dans un cadre exceptionnel…

Rocca Spaviera, c’est par là !

Chapelle Saint-Michel

Dix mètres plus loin c’est le village de Rocca Spaviera qui se dévoile sous nos yeux. Sur plusieurs niveaux et une bonne centaine de mètres de long les vestiges de bâtiments s’enchaînent. L’histoire de ce village est liée à la légende de la reine Jeanne, qui l’aurait maudit.

La légende de la reine Jeanne : Jeanne (1326-1382) a réellement existé ; mariée à 9 ans à André de Hongrie, elle hérita du royaume de Naples et du comté de Provence à 17 ans. Elle aurait commandité l’assassinat de son mari en 1345, avant de se réfugier en 1348 avec ses deux enfants dans son château isolé de Rocca Spaviera afin d’éviter les représailles de Louis de Hongrie, frère de son défunt mari. C’est là que la légende commence…. On raconte que les soldats hongrois retrouvèrent leurs traces, et que de retour de la messe de Noël dans le village voisin de Coaraze Jeanne retrouva ses deux enfants morts, sur la table du festin. Selon les versions, ceux-ci auraient été poignardés en plain cœur, voire carrément cuisinés et servis au repas… La légende dit alors que Jeanne, folle de douleur, aurait fait incendier le château puis quitté le village en le maudissant en ces termes : «Roche sanglante, roche maligne, un jour viendra où sur tes ruines ne chantera plus ni coq ni poule ». Lors des siècles suivants, le sort sembla s’acharner contre Rocca Spaviera : invasion de sauterelles au XIVè siècle, puis plusieurs épidémies de peste au XVIè siècle, ainsi que plusieurs forts séismes. Ceci associé au manque d’eau fait que le village sera progressivement abandonné au cours du XVIIè siècle. Les derniers habitants partiront en 1723. Pour la précision historique, toutefois, les historiens disent que les enfants de Jeanne sont morts en 1352 et 1364, et non en 1348;-)

Nous mangeons un morceau puis nous partons explorer les ruines. L’endroit me rappelle un peu Pisac, au Pérou, ce village inca abandonné dans lequel nous nous étions promenés comme seuls au monde… Le style des constructions est différent, bien sûr, mais l’atmosphère de solitude et de désolation est un peu la même. L’après-midi est bien avancée et la lumière dorée accentue encore la beauté des lieux.

Découverte de Rocca Spaviera

Vestiges du château ?

Il est près de 17 heures lorsque nous quittons finalement Rocca Spaviera.  C’est un peu tard au vu de la distance qu’il nous reste à parcourir, alors nous ne traînons pas ! Nous redescendons à bonne allure, repassons à proximité des mines d’arsenic, croisons un orvet, des fruits bizarres, un pommier sauvage esseulé, une fourmillière cachée… Les derniers kilomètres sont rudes avec des descentes très raides et caillouteuses, ça glisse et nos genoux souffrent un peu. Au détour d’un virage nous apercevons enfin la voiture, hourra on y est… Nous arrivons juste avant d’avoir besoin de sortir les lampes frontales (que nous emmenons désormais toujours en randonnée), il était temps ! Nous rentrons vite dans nos pénates, et ressortons dîner à la pizzeria du coin avec les parents de Benoît… Après l’effort, le réconfort 😉

Le drôle de légume

Orvet ?

Vue supplémentaire sur l’usine d’arsenic, depuis le sentier du reotur

Infos pratiques pour cette randonnée :

Cette boucle fait 10,5 km avec 1000 mètres de dénivelé positif et autant de dénivelé négatif. La fiche détaillée est disponible sur le site Visorando. Nous avons mis 9 heures pour faire cette boucle, avec plusieurs pauses et extensions… Nous nous sommes ainsi arrêtés deux heures aux mines d’arsenic pour déjeuner et faire un peu « d’Urbex » dans les vestiges des installations, puis une heure et demie à Rocca Spaviera pour remanger un morceau (nous avons une certaine constance…) et nous balader dans les ruines.

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2 réflexions sur “Mines d’arsenic et village maudit de Rocca Spaviera (20 septembre 2018)

  1. Coralie dit :

    Extra ! J’adore les villages fantômes… surtout quand une bonne légende y est associée ^^

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