De J315 à J318 : Farniente sur les bords du Mékong… ou quatre jours de détente dans la région des 4000 îles (du 23 au 26 septembre 2012)

Edit du 07/10 : Retour des articles depuis… le Japon ! Hé oui, pour ceux qui ne reçoivent pas les mails smiling, il y a eu un nouveau changement de programme 🙂 Je suis arrivée à Kyoto ce matin, le wifi à l’auberge est excellent… les cloisons très très fines et les voisins très très bruyants, ce qui est une mauvaise nouvelle pour moi mais une bonne pour vous : plutôt que de me retourner dans mon lit en pestant, j’écris ! 😉 Gros bisous à tous !

Je devais initialement ne rester que deux jours, maximum trois, dans la région des 4000 îles et puis, du fait de l’impossibilité pour moi de visiter les environs de Paksé (cf article précédent !), j’ai finalement rallongé cette étape au bord du Mékong.

Mais d’abord, les 4000 îles, c’est quoi ? C’est un ensemble d’îles (si, si) situées tout au sud du Laos dans le lit du Mékong, à la frontière avec le Cambodge, là où ce fleuve est le plus large (14km de large). Certaines sont permanentes, d’autres ne sont que des îlots présents lors de la saison sèche, et qui sont engloutis lorsque le niveau de l’eau monte. Les trois îles les plus touristiques se nomment Don Khong (la plus grande), Don Det (la plus touristique) et Don Khone (entre les deux ? ;-)). Après quelques hésitations j’ai décidé de m’installer sur Don Det, qui est reliée à Don Khone par un pont.

Je craignais que le temps ne me semble un peu long, mais finalement ces quatre jours sont passés très vite ! Au programme, pas mal de vélo, quelques balades à pied, des repas face au Mékong, de la lecture dans mon hamac… Les vacances, quoi 😀

Le restaurant associé aux bungalows devient rapidement mon QG :  c’est bon, pas cher, il y a du choix et la vue sur le Mékong est de toute beauté… Je fais une orgie de crêpes à la banane, pour une fois elles ressemblent vraiment à des crêpes maison !

Don Det det Don Khone sont un peu de gigantesques pistes cyclables. Il n’y a pas de voiture sur l’île, juste des vélos et quelques scooters et tuk-tuks qui tous circulent sur les routes de terre de l’île. Cela rend le vélo très agréable, même si ça cahote parfois un peu… et que c’est vite gadouilleux lorsqu’il pleut ! De toute façon à 1 euro/jour la location du vélo, on aurait tort de s’en priver…

Les pettis chemins du côté de Don Det…

… et la « route principale » à Don Khone !

J’ai trouvé les habitants très sympas sur Don Det comme sur Don Khone. Je n’avais jamais eu droit à autant de « Sabaidee ! » (bonjour) depuis mon arrivée au Laos ! Les enfants en particulier étaient très souriants, et venaient me voir pour me toucher les mains… ou me demander de cueillir les fruits mûrs trop hauts pour eux 😀

Côté paysages, Don Det comme Don Khone sont très « campagne ». Même sur la touristique Don Det, il suffit de s’éloigner de quelques coups de pédales du centre pour se retrouver au beau milieu des rizières et des champs, avec quelques maisons sur pilotis et de petits potagers. Quant au Mékong, il est partout en particulier sur Don Det qui est toute en longueur… Je mets moins d’une heure pour en faire le tour à vélo, en longeant d’abord le « boulevard du coucher du soleil »… puis celui du lever du soleil ! Malgré le développement du tourisme les gens ont gardé un mode de vie très traditionnel, basé sur l’agriculture et la pêche.

Potagers surélevés

Maison sur pilotis

Le Mékong…

Champ de lotus

Petit cimetière au détour d’un chemin à Don Khone

Les nouilles de riz sèchent au soleil

Côté rencontres, c’est le bestiaire entre les buffles qui paissent un peu partout sur l’île en quasi-liberté, les cochons roux et les animaux de la ferme…

Cochon roux de Don Det

De manière générale Don Det et Don Khone sont très proches en termes de paysages. Les seules différences selon moi sont le côté un peu plus touristique de la partie sud de Don Det, et le standing des hébergements, globalement meilleur sur Don Khone alors que Don Det est plus « routard ». Par ailleurs Don Khone étant plus grande, il y a un peu plus de balades à y faire. Sinon, c’est pareil !

De bien jolis bungalows à Don Khone…

Il y pas mal de restos sur Don Det, et leurs noms tentent tous d’être plus racoleurs les uns que les autres…

… Mais pas de distributeur d’argent (ATM), alors il faut prendre le bateau jusqu’au continent si besoin !

A Don Khone se trouvent les belles chutes d’eau Li Phi (ou Somphamit), que l’on peut visiter moyennant 2 euros. Un vigile tente d’ailleurs de faire payer l’entrée des chutes dès que l’on traverse le pont entre Don Det et Don Khone… j’ai payé (et visité) le premier jour, mais après j’ai négocié avec lui en lui expliquant que je ne retournais pas aux chutes ! Celles-ci sont assez impressionnantes… Il y a aussi une petite plage, mais pour le coup elle ne casse pas trois pattes à un canard.

Le pont français entre les deux îles, 158m et 13 arches !

Les chutes d’eau de Li Phi

La plage, pas extra !

Ces chutes d’eau ont d’ailleurs justifié la création d’un chemin de fer par les Français à la fin du XIXè siècle ; ne parvenant pas à les franchir avec leurs bateaux, ils ont décidé de les contourner par voie terrestre lors de l’acheminement des marchandises de Saigon à la Chine. Il reste quelques vestiges de cette voie ferrée, principalement sur Don Khone : une vieille locomotive, quelques rails, des poulies… et bien sûr le pont, qui permettait de relier Don Khone et Don Det. Pour cette raison Don Khone possède également quelques vestiges de bâtiments coloniaux, qui abritent aujourd’hui l’école, l’hôpital… mais sont bien décrépis.

Carte des deux îles montrant les rapides et le trajet de la voie ferrée

Rails pour faire monter les chargements des bateaux à la voie ferrée

La vieille locomotive

Vestige colonial en piteux état

Le deuxième jour j’ai eu la bonne surprise de retrouver Sophie et Bernard, le couple de Français que j’avais rencontrés à la plaine des Jarres et avec lesquels le contact était bien passé. Nous avons passé pas mal de temps tous les trois, et nous avons notamment loué un bateau pour aller voir les dauphins de l’Irrawaddy, des dauphins qui vivent dans le Mékong. Ils sont protégés depuis quelques années mais restent en voie de disparition, la faute aux filets de pêche dans lesquels ils se prennent. On dénombre aujourd’hui une soixantaine d’individus du côté laotien, et à peine plus côté cambodgien.

Le guide et divers avis sur internet étaient plutôt pessimistes, disant que c’était la pire saison pour voir les dauphins du fait du lit très large du Mékong, et de son eau boueuse. Nous avons tout de même décidé de tenter notre chance et nous avons bien fait… Nous les avons super bien vus ! Ils ne sautent pas comme les dauphins communs, mais nous avons bien vus leur dos, leur nageoire dorsale ainsi que le petit jet d’eau qu’ils produisent lorsqu’ils respirent, comme les baleines. Je retourne d’ailleurs brièvement au Cambodge, puisque notre capitaine nous y fait accoster officiellement pour mieux voir les dauphins… officieusement pour aller boire un coup avec ses potes ! On râle un peu et on repart sur le fleuve, où on les voit bien mieux… On essaie de prendre des photos mais on laisse tomber, cela ne rend rien du tout.

C’est parti pour aller voir les dauphins !

Ça mitraille !

La dauphin en question ! Source : http://ameliadolphinprotection.centerblog.net/

 

Nous avons effectué cette balade en fin d’après-midi et nous avons donc pu admirer également un magnifique coucher de soleil sur le Mékong… Par contre il a fallu faire ficelle pour rentrer, la nuit tombe vite au Laos et il nous restait 8km à faire… en nous partageant à tour de rôle le vélo de Bernard, qui avait crevé dans l’intervalle ! Je n’avais jamais pédalé avec un vélo ayant un pneu crevé, mais c’est bien plus dur… surtout sur un chemin caillouteux. Nous sommes arrivés bien crevés à Don Det (ha ha), mais un dîner indien nous a remis d’aplomb 😉

Seul bémol de ces quatre jours de farniente, deux rencontres fort désagréables en l’espace de quelques heures… J’ai eu une première frayeur lorsqu’un mec en scooter a commencé à m’insulter en laotien parce que je ne roulais pas du bon côté sur le chemin (en même temps il n’y avait personne… ce qui contribuait à ne pas me rassurer, il avait l’air hyper énervé et je l’ai entendu vociférer un bout de temps derrière moi… je peux vous dire que j’ai accéléré !).

La deuxième frayeur a été plus insidieuse ; j’étais en train de faire la balade à pied près des fameuses chutes d’eau lorsque deux hommes sont sortis des bambous avec des machettes. Nous nous sommes salués, l’un a ensuite passé son chemin mais l’autre a commencé à venir me voir en me souriant bizarrement, un peu trop près aussi, la main sur sa machette… Bref, rien de tangible, rien de net, mais juste ce moment ambigu où l’alarme « danger » se met à clignoter dans un coin du cerveau. Là encore j’étais toute seule, mais je savais qu’un Allemand était un peu derrière moi sur le chemin. J’ai donc essayé de gagner du temps, et l’arrivée de l’Allemand a effectivement fait déguerpir le mec en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je l’ai recroisé à la sortie, mais du coup j’étais restée avec l’Allemand et j’ai ensuite enfourché mon vélo. Bref, plus de peur que de mal, mais deux piqûres de rappel comme quoi il faut être prudente en voyage, encore plus lorsqu’on est seule… même si 98% du temps tout se passe très bien.

Allez, pour terminer cet article sur une note positive, voici quelques photos du coucher de soleil sur le Mékong… Mon bungalow était orienté plein ouest, et j’en ai bien profité 🙂

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