J244 : D’un temple Cao Dai aux tunnels de Cu Chi

Pas de défilé du 14 juillet ni de feu d’artifice pour nous cette année… mais une excursion à la découverte de la religion Cao Dai et des tunnels de Cu Chi.

 

Premier arrêt du jour, un atelier de laque. Cette technique artistique asiatique est très ancienne, et permet de réaliser de très beaux tableaux. Ces derniers sont toujours réalisés aujourd’hui selon des techniques traditionnelles, et nous admirons la dextérité des artistes qui collent de minuscules morceaux de coquilles d’œufs sur leur tableau ! Un certain nombre des artistes employés sont handicapés, on reviendra sur ce sujet plus tard.

Un exemple de laque terminée

Nous poursuivons ensuite jusqu’à Tay Ninh où se trouve un grand temple Cao Dai. Cette religion (ou secte ? Nous n’avons pas réussi à vraiment le déterminer…) prône l’unité entre les religions et considère Mahomet et Jésus comme les prophètes d’un même dieu supérieur. De nombreux saints sont vénérés, parmi lesquels… Victor Hugo, si, si ! Sa représentation trône d’ailleurs à l’entrée de l’église. Ledit temple est dans un style très chargé avec moulures, dorures, grands dragons qui s’enroulent autour des piliers…

L’œil ouvert, un symbole important de la religion Cao Dai

Notre Victor Hugo national, notez son auréole !

Nous assistons au service religieux de midi. Il y a quatre services par jour, à 6H du matin, midi, 18H et minuit. Tout est très codifié. Les fidèles, vêtus de blanc, pénètrent dans la nef derrière les dignitaires, vêtus de robes de la couleur de la religion qu’ils représentent (bouddhisme, christianisme…). Hommes et femmes sont séparés. Tout le monde s’assoit ensuite par terre, et la cérémonie commence. Il n’y a ni sermon ni lectures, simplement des chants et des psalmodies.

La cérémonie religieuse, c’est bien… mais avec son portable, c’est mieux !

Nous déjeunons rapidos dans un resto pas terrible, et arrivons en début d’après-midi à Cu Chi, où se trouvent les nombreux tunnels dans lesquels se cachaient et combattaient les Vietcongs lors de la guerre contre les USA. C’est l’occasion pour nous d’approfondir nos connaissances sur cette guerre que nous connaissions plus de nom que réellement en profondeur. Il y a différents réseaux de tunnels dans la région, et nous visitons aujourd’hui ceux de Ben Dinh, les plus « authentiques » selon notre guide… Devenus tout de même ultra-touristique ! Le site est aménagé comme un grand parc avec un parcours, que nous effectuons malheureusement au pas de course… C’est le gros problème des tours organisés, pour nous qui aimons tant prendre notre temps !

Malgré sa rapidité, la visite est passionnante et nous permet de toucher du doigt la débrouillardise et la créativité des soldats Vietcongs (communistes du nord, donc), seule armée ayant réussi à mettre en déroute deux grandes puissances : la France lors de la guerre d’Indochine, puis les USA lors de la guerre du Vietnam. Nous commençons par voir les différents types de pièges posés par les Vietcongs dans la jungle, souvent basés sur un système de trappe ouvrant sur un trou avec des piques en bambou ou en métal. Ça fait froid dans le dos… Nous voyons également des sorties de tunnels extrêmement bien camouflées, indécelables sous un tapis de feuilles. Nous pouvons les tester, et on ne s’en prive pas… Mais qu’est-ce que c’est étroit !

On est là…

… et on n’y est plus !

Pas simple de s’extirper de la cachette

Exemple de piège

Plusieurs reconstitutions avec personnages nous montrent comment se passait la vie des Vietcongs dans la jungle, depuis la fabrication d’armes à la récupération des vieux pneus pour les transformer en semelles de chaussures.

Tenue traditionnelle des combattants vietnamiens : uniforme noir ou kaki, foulard à carreaux noirs et blancs et sandales à semelles en caoutchouc (issu des pneus !)

Tank US ayant sauté sur une mine anti-chars

Nous attaquons ensuite la partie la plus discutable de ce tour : le tir ! On peut en effet, moyennant bonnes finances (environ 2USD  la balle, vente minimum 10 balles), s’entraîner à tirer avec des armes d’époque. Outre l’intérêt limité de la chose, le bruit des détonations dans le contexte de cette visite fait vraiment bizarre. A côté des stands de tir se trouve la gift shop, où l’on peut choisir des tas de chouettes souvenirs à ramener à ses proches : pendentifs en forme de balles, briquets en forme de grenade, sandales comme ceux des Vietcongs… On a l’embarras du choix ! (second degré, hein, je précise…)

Nous attaquons ensuite la dernière partie de la visite : les tunnels à proprement parler ! Les Vietcongs avaient réalisé de véritables villes souterraines, avec des pièces reliées par un réseau de couloirs, et des tas d’entrées et de sorties à des endroits différents dans la jungle. Claustrophobes, s’abstenir ! Les tunnels sont très étroits et très bas, ils doivent faire 70cm de large et moins d’un mètre de haut, sur 3 niveaux différents. Nous progressons lentement dans l’obscurité parfois émaillée d’une loupiote rouge, à quatre pattes ou en canard selon les moments. C’est vraiment impressionnant, et les distances semblent longues ! Quoi que l’on pense de cette terrible guerre, une telle réalisation et une telle détermination forcent l’admiration…

Et c’est parti pour la descente dans le tunnel

Retour à l’air libre

Maquette illustrant la construction des tunnels

Après une petite pause où nous testons la nourriture traditionnelle des Vietcongs durant la guerre (manioc et cacahuètes, avec du thé), nous assistons à la projection d’un petit film retraçant l’histoire de la guerre. Ennemis de la propagande, fuyez ! On nous apprend par exemple à quel point la vie de l’armée vietnamienne était « douce et agréable » (dans le texte) grâce à l’aide des civils.

Nous sommes pris dans de gros embouteillages sur le chemin du retour vers Ho Chi Minh. Nous finissons finalement par comprendre pourquoi : un motard s’est fait renverser par un camion, et gît mort par terre dans une mare de sang. Cela refroidit sérieusement les ardeurs « deux rouesques » d’Aurélie qui avait été si emballée par son expérience de moto à Kampot, au Cambodge… Elle qui pensait prendre une moto pour aller voir un musée à l’autre bout de la ville le lendemain, elle prendra finalement un taxi normal !

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