J241 : Dernière journée à Phnom Penh, et visite de la prison S21

Le règlement de la prison S21 (cliquez sur la photo pour l’agrandir)

Le trajet en bus se passe bien, et nous arrivons à midi à Phnom Penh. Nous déjeunons rapidement à l’hôtel avant de partir visiter la prison S21. Comme les charniers de Cheung Ek, on ne peut pas vraiment dire que ce soit un « monument » de Phnom Penh… plutôt un lieu à visiter tel un mémorial, pour ne pas oublier ce qui s’est passé sous le régime Khmer Rouge, et éviter ainsi que cela ne se reproduise. « Lest we forget », comme diraient les Australiens !

 

La prison S21 est donc un ancien lycée transformé en prison par les Khmers Rouges entre 1975 et 1979. D’un lieu d’enseignement on passe donc à un lieu de privation de liberté et surtout, de torture. Y étaient emprisonnés les nombreux « opposants au régime », en tout cas ceux considérés comme tels : les intellectuels, les opposants politiques… Ils y étaient torturés quotidiennement, afin de leur faire avouer tout et n’importe quoi, souvent leur appartenance à la CIA. Ce n’était évidemment pas le cas la plupart du temps, mais sous la torture on avoue tout ! Une fois leurs « crimes » avoués, ils étaient envoyés à Cheung Ek pour être tués.

Les couloirs du lycée ouvrant sur les salles de classe, transformées en cellules

Nous visitons donc les trois bâtiments qui composaient la prison, traversant les grandes cellules réservées aux prisonniers de « haut rang », et les toutes petites réservées aux prisonniers lambda. Les plus grandes sont meublées de lits métalliques (pour pouvoir y faire passer un courant électrique), les plus petites de fers et de chaînes cimentées au mur. Aux murs sont suspendues les photos des cadavres qui ont été découverts lors de la libération de la prison. Les sépultures de ces derniers ont été édifiées dans la cour, et sont toujours visibles aujourd’hui.

Les fers

Le cimetière dans la cour, et au premier la potence où étaient torturés les prisonniers

Les petites cellules, et au fond le tableau pour écrire à la craie…

Là encore l’atmosphère est au recueillement, et à l’incrédulité devant ce que les hommes peuvent se faire subir entre eux… On parle beaucoup des camps nazis en France, mais là c’est équivalent, voire pire. Le plus inimaginable peut-être est que tout cela s’est passé entre des hommes de même nationalité, Cambodgiens torturant d’autres Cambodgiens. Des panneaux racontent des histoires individuelles, comme celle de ce jeune tortionnaire qui a un jour vu arriver son oncle parmi les prisonniers. Ni l’un ni l’autre n’ont parlé, sachant que cela ne ferait que rajouter le nom du jeune tortionnaire à la longue liste des pertes familiales…

Grillage anti-suicides sur la façade de l’un des bâtiments

Nous passons plus de trois heures dans la prison, à arpenter les cellules, lire les témoignages des rares survivants, et ceux des tortionnaires qui aujourd’hui ont repris une vie civile. Certaines « confessions » sont disponibles, et sont assez édifiantes. Les Khmers Rouges fichaient tout, photographiaient tout, et toute une partie de la prison expose les portraits des personnes emprisonnées ici, sous forme de murs entiers de portraits en noir et blanc. On vous épargne les photos des corps mutilés et torturés…

Confession

Quelques Occidentaux ont aussi été emprisonnés ici

Notre visite tombe au même moment qu’une journée de visite pour les militaires vietnamiens, et cela fait vraiment bizarre de voir tous ces hommes en uniforme de l’armée arpenter le site… Nous sursautons d’ailleurs tous les deux lorsque leur chef siffle le rassemblement.

Nous ressortons muets de cette visite bouleversante, et nous sommes bien contents de ne pas avoir visité le même jour la prison et les Killing Fields… ni, encore pire, d’avoir pris un tour organisé qui associe à ces deux visites une séance de… tir avec des armes d’époque, si, si. Vous avez dit mauvais goût ?

Nous terminons la journée par la visite du Wat Phnom, un temple posé au sommet d’une colline. Le lieu est reposant et l’intérieur du temple richement décoré.

Statue du roi Sisowath sur la colline

Dans le temple

Nous rentrons à pied par les quais du Tonlé Sap. C’est un quartier qui nous plaît décidément beaucoup. Nous nous offrons un dernier goûter au Blue Pumpkin, cette boulangerie va nous manquer… Sur le retour nous croisons une cérémonie nocturne dans l’un des petits temples qui borde le fleuve.

Cérémonie nocturne

Nous dînons dans le petit resto que les parents de Benoît nous avaient fait découvrir. Premier dîner, dernier dîner, la boucle est bouclée ! Nous nous baladons un peu dans le quartier, jusqu’à une fête foraine que Benoît avait repérée. Pas de chance, l’entrée est payante, alors on se contente de jeter un coup d’œil derrière les grilles.

Nous nous couchons sans tarder, demain nous prenons le bus pour Ho Chi Minh, l’ancienne Saigon… Vietnam, nous voilà !

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