Mes lectures 2024 : le top 9 !

« Nous n’avons rien à espérer du passé. Ce sont les hommes seuls qui ont l’audace d’inventer le temps, d’en faire des cloisons pour leur vie. Pas un seul ne peut vivre assez longtemps pour se croire exister, pas un seul n’est en mesure de saisir la vie quand elle le traverse. » – Né d’aucune femme, Franck Bouysse

Comme mieux vaut tard que jamais, voici ma sélection littéraire pour 2024 ! C’est un top 9 et non un top 10 car cette année n’a pas été une grande année de lecture pour moi, entre ma vie de maman et le travail que j’ai repris à temps plein. Cela reviendra… Je n’ai même pas tenu le compte en détail des livres lus cette année, mais si j’en ai lu vingt c’est bien un maximum. J’ai tout de même fait quelques belles découvertes, que je vous partage ci-dessous ! Comme d’habitude, c’est classé en ordre inversé (mon livre préféré est le dernier de la liste). En tout cas, l’avantage de publier tardivement ce top 9, c’est qu’il a été plus facile à faire que les autres années : j’ai supprimé d’office tous les livres lus en 2024 dont je ne me souvenais pas en 2026 ^^ Je me suis dit que c’était un bon critère !

9 – Le brunissement des baleines blanches, de Boucar Diouf

Ce livre se présente comme un livre pour enfants, mais le message derrière est vraiment intéressant, et je l’ai lu avec grand plaisir. C’est l’histoire de Globi, un femelle beluga qui décide de quitter son Saint-Laurent natal pollué afin de rejoindre les mers du sud. Son voyage sera marqué par de nombreuses aventures et par des rencontres, dont celle de Jo Groenland, un vieux phoque retraité du cirque. J’ai trouvé cette histoire très touchante, et très pertinente dans sa manière d’aborder la pollution, la vie sauvage, la captivité des animaux…

« Se tromper de chemin, c’est aussi apprendre à connaître son chemin. »

8 – Le premier jour du reste de ma vie, de Virginie Grimaldi

Virginie Grimaldi est souvent une valeur sûre pour moi, et ce roman n’y a pas fait exception. C’est l’histoire de Marie, qui décide de quitter son mari le jour de ses 40 ans pour partir faire le tour du monde sur un bateau de croisière. Elle y rencontre Anne, désespérée d’avoir trahi le grand amour de sa vie, et Camille, qui multiplie les conquêtes sans jamais s’engager. C’est une belle amitié qui commence alors entre ces trois femmes, que l’on voit évoluer tout au long de ce voyage. Une lecture facile et agréable !

« Il sortait juste de l’adolescence quand elle l’avait connu. Il était chanteur dans un groupe de rock, parce qu’il avait vu dans un reportage que ça faisait tomber les filles. Il s’était laissé pousser les cheveux et le duvet, et engourdissait ses cordes vocales avec des Gauloises blondes bleues. Elle était la rebelle de la classe, avec ses jeans troués au cutter et ses Doc Martens usées contre les murs en crépi. Ils s’étaient embrassés sur Nirvana et avaient fait l’amour sur Scorpions. Il lui avait écrit des chansons, elle avait gravé leurs prénoms sur des arbres, il lui avait prêté sa gourmette, elle lui avait présenté ses parents, il l’avait emmenée en Auvergne, elle lui avait dit « Je t’aime pour la vie », ils avaient pris un appartement, elle était tombée enceinte, il lui avait parlé mariage, elle avait arrêté ses études, il avait posé son micro et elle avait déchanté. »

7 – Anaïs Nin, sur la mer des mensonges, de Léonie Bischoff

Ce roman graphique parle de la jeunesse d’Anaïs Nin, de son angoisse profonde à l’idée d’une vie bien rangée d’épouse de banquier alors qu’elle veut être écrivain, de son journal qui est son double et son échappatoire, et de sa rencontre fondatrice avec Henri Miller. J’ai beaucoup apprécié ce livre, qui m’a permis de mieux cerner Anaïs Nin, un personnage vraiment complexe et attachant.

« Les gens souffrent de leur folie parce qu’ils ne savent qu’en faire. Les artistes y plongent, s’en parent comme d’un costume, y découvrent d’autres vies. »

6 – La baleine bibliothèque, de Judith Vanistendael et Zdrou

J’ai découvert ce roman graphique par hasard, alors que nous étions à Tadoussac. Il y avait une petite bibliothèque de plage, je suis descendue jeter un œil, et ce livre m’a sauté aux yeux. Je l’ai lu sur place, les pieds dans le sable, face au St-Laurent. C’est l’histoire d’une baleine dont le ventre abrite une bibliothèque, et de sa rencontre avec un postier maritime. Là encore, c’est un livre qui pourrait sembler réservé aux enfants, mais sa poésie et sa manière d’aborder la vie et la mort saura sans aucun doute toucher de nombreux adultes… Un coup de cœur pour moi !

« – J’ai cru ne jamais vous revoir.
– Impossible. J’avais un livre à vous rendre. »

5 – Les gardiens du phare, Emma Stonex

J’ai lu ce livre pour le club de lecture de ma cousine, auquel elle m’avait invitée. Durant l’hiver 1972, la relève des gardiens du phare du Maiden Rock ne trouve qu’un phare vide, verrouillé de l’intérieur, la table mise, et aucune trace des trois gardiens qui auraient dû être présents. Vingt ans plus tard, les veuves des trois hommes ne peuvent oublier cette tragédie et le mystère qui l’entoure… C’est finalement l’enquête d’un écrivain à succès, qui veut écrire sur le sujet, qui fait rejaillir les secrets du passé. Les époques s’entremêlent tout au long de ce roman, qui parle au final d’amitié, de solitude, de peur, et de la frontière parfois ténue entre le réel et l’imaginaire. Ce livre m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page !

« À terre, il faut que je fasse semblant d’être un homme que je ne suis pas, semblant de faire partie de quelque chose dont je ne fais pas partie. C’est difficile à expliquer aux gens normaux. Ça ne les intéresserait pas d’entendre parler de l’immensité du silence pendant le quart du matin, ou du ragoût qu’on fait soigneusement mijoter et auquel on pense toute la journée et même le lendemain. Le monde dans les phares est petit. Lent. Les autres ne peuvent pas prêter attention aux choses ; ils ne savent pas les faire lentement. »

4 – Un tesson d’éternité, de Valérie Tong Cuong

Un coup de poing littéraire que ce livre… Il raconte la vie sans aspérités (semble-t-il) d’Anna Gauthier, pharmacienne aisée qui vit au bord de la mer avec son mari et son fils Léo. Tout cela vole soudain en éclat lorsque Léo se retrouve soudain aux prises avec la justice. Le monde d’Anna s’écroule, et on réalise alors que cette vie parfaite qu’elle s’était construite recouvre des secrets bien enfouis. J’ai été très touchée par ce livre et par ce superbe portrait de femme, qui tente de garder le cap lorsque tout s’effondre.

« Lors des obsèques, dans le cimetière déserté, Anna avait ressenti un immense soulagement en même temps qu’un profond chagrin. Ce n’était pas seulement sa mère que l’on enterrait, mais l’enfant et l’adolescente qu’elle avait été. »

3 – Né d’aucune femme, de Franck Bouysse

J’avais beaucoup entendu parler de ce livre, et c’est pour cette raison que je l’ai emprunté à la bibliothèque. Les époques s’intriquent et s’entremêlent, entre un prêtre qui hérite de cahiers sortis en douce d’un ancien couvent hébergeant des malades psychiatriques oubliés du monde, écrits par une pensionnaire qui vient de mourir, un père qui vend sa fille, une adolescente exploitée par un couple de tortionnaires, le pouvoir que s’arrogent les hommes sur les femmes… Certains passages de ce livre sont vraiment difficiles, et pourtant, on y trouve aussi de la beauté, du courage, de l’espoir. Une lecture que je recommande !

« Jamais je n’oublierai cette nuit et le rêve dedans. Je me suis vue rêvant le rêve, comme si j’étais devenue le rêve lui-même, un rêve vide de rêve, un vide préférable à la vraie vie sur terre, avec l’espoir d’y trouver quelqu’un qui viendrait à mon secours en m’empêchant de le quitter pour toujours. »

2 – Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi

Retour de Virginie Grimaldi, avec ce deuxième titre qui a été un énorme coup de cœur pour moi. Ce roman parle de maternité, au travers de l’histoire de deux femmes : l’une vient de donner naissance à une petite fille prématurée, l’autre vient de voir ses grands enfants quitter la maison. L’une apprend à devenir mère, l’autre apprend à laisser partir ses enfants et à s’habituer au vide… Un roman très touchant sur les grands rendez-vous de la vie, qui parlera sans aucun doute à de nombreuses mamans.

« Une fois passés, les moments doux ne disparaissent pas. Quelque part, au fond de nous, ils durent pour toujours. On les appelle les souvenirs. »

1 – Charlotte, de David Foenkinos

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre juive morte à Auschwitz à vingt-six ans, alors qu’elle était enceinte : son enfance à Berlin, la montée du nazisme, une passion amoureuse, son exil en France et la réalisation d’une œuvre picturale mettant en scène sa vie. Elle confiera finalement ses dessins à son médecin, en lui disant « c’est toute ma vie ». La version que j’ai lue était illustrée par des dessins de Charlotte Salomon, ce que j’ai beaucoup apprécié. Un bel hommage à cette jeune femme morte par la folie et la cruauté des hommes… La citation ci-dessous est de David Foenkinos, l’auteur, qui raconte à quel point il a été saisi par l’histoire et le destin de Charlotte Salomon.

« Le sentiment d’avoir enfin trouvé ce que je cherchais.
Le dénouement inattendu de mes attirances.
Mes errances m’avaient conduit au bon endroit.
Je le sus dès l’instant où je découvris -Vie ? ou Théâtre ?
Tout ce que j’aimais.
Tout ce qui me troublait depuis des années.
Warburg et la peinture.
Les écrivains allemands.
La musique et la fantaisie.
Le désespoir et la folie.
Tout était là.
Dans un éclat de couleurs vives.
La connivence immédiate avec quelqu’un.
La sensation étrange d’être déjà venu dans un lieu.
J’avais tout cela avec l’œuvre de Charlotte.
Je connaissais ce que je découvrais. »

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