101 jours au Canada, le bilan

Le 3 janvier, la porte s’est refermée sur la première partie de notre aventure canadienne, soit un peu plus de trois mois à Montréal. Cette étape était en quelque sorte pour nous un départ « à l’essai », pour que tout le monde puisse voir si cela allait convenir 😉 Le bilan est globalement positif, le Québec est d’accord pour nous garder (ouf !), et nous nous sommes globalement satisfaits de cette première expérience, même si comme toujours il y eu du positif et du négatif.

Les points positifs :

  • Avoir sauté le pas de l’expatriation. Cela nous tentait depuis longtemps, nous en avions eu un aperçu « facile » avec la Réunion, là c’est le saut dans le grand bain et on est contents et fiers de l’avoir fait !
  • La nature facile d’accès, que ce soit dans Montréal même avec notamment le grand parc du Mont Royal, ou à proximité avec des différents « parcs nature ». Les Laurentides et ses grands parcs régionaux ne sont pas loin non plus… Nous avons réussi à pas mal nous balader, même sans voiture. La région est un beau terrain de jeu pour nous qui aimons tant randonner, et j’ai aussi repéré une belle piste cyclable, « le petit train du nord », qu’il va falloir tester. !
  • Le sirop d’érable et les brunchs ^^ Miam !
  • Notre cercle amical. Cela avait été le point noir à la Réunion pour moi, mais là c’est bien différent. En quelques mois j’ai revu / rencontré plusieurs ami(e)s, et pareil pour Benoît. Cela change beaucoup la donne pour nous, et joue dans notre ressenti positif de ces premiers mois, malgré les difficultés que nous avons rencontrées.
  • Les bibliothèques à l’anglo-saxonne, avec une vraie zone enfant et plein d’activités proposées : spectacles, cours d’écriture, tricot, groupes de lecture…
  • La beauté des belles journées ensoleillées, que ce soit en automne avec des couleurs magnifiques ou en hiver avec la neige qui scintille sous le ciel bleu
  • Les patinoires partout et souvent gratuites, je suis fan 🙂 Les piscines municipales sont gratuites aussi, tout comme de nombreux spectacles proposés dans les maisons de la culture. Je trouve ça super !

Les points négatifs :

  • L’accueil, parfois bien loin de celui qui nous avait été dépeint. Non, les Québécois ne sont pas tous sympas, et non ils ne sont pas tous ravis de voir des Français arriver. Nous avons régulièrement été mal reçus, notre pire expérience ayant été lorsque MiniChou a eu un souci de santé. Je suis encore choquée de la manière dont la secrétaire et les deux médecins nous ont reçus et parlé, alors que nous faisions notre maximum pour faciliter les choses. De manière générale, dès que l’on ne rentre pas exactement dans les cases, cela devient compliqué.
  • Le côté « la théorie et la pratique », que nous avons constaté à plusieurs reprises et dans différents domaines. Ainsi, il y avait de très grosses différences entre le règlement / programme écrit de la garderie, et la réalité, avec un côté « oui oui oui » quand on disait qqch, et rien qui change en fait. Ce n’est pas forcément un problème quand on le sait (disons que maintenant on va composer avec et/ou faire pareil…), mais quand on n’arrive et que l’on n’est pas averti, cela fait bizarre ^^
  • La reprise du boulot à temps plein pour moi, et la disparition du temps qui va avec… La semaine file d’une traite, le week-end on rattrape le retard de la semaine, on avance un peu les choses de la semaine suivante pour survivre, on essaie de faire un ou deux trucs sympas, et hop c’est déjà lundi et il faut retourner travailler. C’est assez terrifiant…
  • Le coût de la vie, notamment des courses. Manger équilibré revient plus cher qu’en France ; nos premiers tickets de caisse nous ont affolés, et puis nous avons réussi à mieux connaître les prix et à jongler avec les promos pour acheter tel aliment dans tel magasin, tel autre dans tel autre…

La suite de l’aventure québécoise arrive bientôt, puisque nous nous apprêtons à repartir avec cette fois un permis de travail de plusieurs années. Plusieurs challenges se profilent déjà, mais nous allons les attaquer méthodiquement afin de tirer le meilleur de cette expérience outre-Atlantique ! Je vous raconterai tout cela bien sûr, en essayant d’être la plus objective possible. A bientôt !

Tagué , ,

6 réflexions sur “101 jours au Canada, le bilan

  1. Luciole dit :

    Merci pour ce bilan, c’était sympa de vous suivre à distance et vivre nos découvertes plus ou moins en même temps ! J’ai lu avec intérêt le point sur l’accueil, je pense que les Français ont beaucoup d’attente sur cet aspect-là, c’est normal que l’on déchante vite. On aimerait être des cousins éloignés qui débarquent dans une famille lointaine. En réalité nous sommes des immigrés qui allons à l’étranger, avec tout ce que ça comporte comme défis et difficultés. Et je pense que l’accueil des immigrés est bien plus problématique en France qu’au Canada (pour avoir eu un bon aperçu des deux). Ça n’est que mon ressenti personnel ! Pour nous les plus gros défis ont été 1) l’accès aux services publics, en particulier la petite enfance/la scolarité et la santé ; 2) le droit du travail ; 3) tous les défis liés à l’immigration (et non l’expatriation dans notre cas, ça change tout !), qui ne sont pas propres au Canada : les chocs culturels, les paperasses à n’en plus finir, l’éloignement des proches. Et les points positifs : 1) le dépaysement climatique et naturel (même si l’hiver a été très très doux) ; 2) le modèle interculturel, les efforts pour intégrer les immigrés, la vie communautaire, le respect des différences, des femmes, l’éducation au consentement etc etc bref tout l’aspect « vivre ensemble » que je trouve très inspirant ! ; 3) avoir sauté le pas, et avoir mangé tellement de démarches administratives que je n’aurais jamais plus peur de n’importe quel formulaire, si tant est qu’il est nécessaire pour réaliser un projet qui me tient à coeur. Bon retour chez nous !

  2. Merci pour ce partage, très intéressant à lire ! J’espère que vous êtes bien installés et que vous vous plaisez au Québec.
    J’aurais pu rajouter, dans les points négatifs, la lourdeur administrative et l’accès aux garderies, mais finalement nous avons surtout ressenti cela avant le départ, et plus tant que ça une fois sur place.
    Un point attire plus particulièrement mon attention : tu précises que pour vois c’est une immigration, et non une expatriation, et que « cela change tout ». Que veux-tu dire exactement ? Est-ce par rapport au projet derrière que tu fais cette distinction, avec l’idée que l’immigration est plus pérenne que l’expatriation ? Ou alors c’est le mouvement que tu cherches à différencier, entre le fait de partir et celui d’arriver ? Je serais curieuse de te lire à ce sujet.
    A bientôt j’espère !

    • Luciole dit :

      C’est rigolo car avant d’écrire la réponse je suis allée me renseigner sur la différence entre expatrié et immigré et finalement ce n’est pas si clair que ça ! De mon point de vue, ce qui différencie expatrié et immigré c’est l’employeur (sur place ou dans le pays d’origine). J’ai bossé plusieurs années dans des structures internationales où les employés étaient envoyés en expatriation pendant quelques années en gardant leur contrat de travail français. C’est quand même beaucoup plus confortable (pas de rupture de carrière, prime d’expatriation, accompagnement au déménagement, aide pour la scolarité et surtout possibilité de garder ses cotisations chômage, retraite, couverture sociale etc.) et parfois plus contraignant (on n’a pas toujours son mot à dire sur la destination et la durée, ce qui est particulièrement difficile quand on est en couple). Quand je parle d’immigration, dans notre cas, je veux dire que nous n’avons pas beaucoup de filet de sécurité au retour, et que nous avons engagé tous les frais de notre poche (y compris tous ceux qu’on n’avait pas anticipés !). J’ai remarqué que les Français utilisent d’avantage le mot d’expatriés car je pense qu’ils s’identifient peu à des immigrés (sous-entendus venus de pays plus pauvres que le Canada), alors que personnellement ça m’a aidé d’accepter cet état de fait, et de prendre l’aide là où elle se trouvait (certains centres communautaires font un travail formidable d’accueil et d’insertion, on en a eu vraiment besoin), même si ce n’est pas toujours facile (j’ai un souvenir assez désagréable d’avoir pris mon petit dej’ au son d’un flash info : « crise du logement : l’immigration dans le viseur »). Après ce n’est que mon ressenti et chaque histoire est différente…

      • Oui je comprends ce que tu veux dire ! Je crois que le vrai statut d’expatrié, qui était effectivement très avantageux sur pas mal de points, est de plus en plus difficile à obtenir… Les entreprises privilégient de plus en plus des contrats locaux. De mon côté j’utilise le terme d’expatriation de manière plus globale, avec toutefois effectivement l’idée sous-jacente que nous ne savons pas encore si nous allons immigrer définitivement au Canada, ou si c’est juste pour quelques années. Affaire à suivre 😉 En tout cas j’espère que vous commencez à sortir la tête de l’eau, l’arrivée dans un nouveau pays est un défi !

  3. Tchoa dit :

    C’était très intéressant, merci Aurélie, et courageux quelque part aussi, car on est loin d’Erasmus (même si cela n’existait pas de mon temps) pour se lancer ainsi, en 2024, dans une expérience avant tout professionnelle. D’un autre côté, vous y étiez pendant la période la plus difficile côté températures….
    Mais il faut toujours relativiser (je me le permets, retraité pas malheureux que je suis;) et là je pense aux Thaïlandais, la deuxième population du Svalbard, nous a-t-on dit l’an passé, car venant d’où ils viennent pour aller travailler à Longyearbyen faut vouloir!

    • Oh j’ignorais cela, effectivement quel choc thermique et culturel cela doit être pour eux ! Sans parler de l’éloignement avec leur pays… Nous aurons la chance de pouvoir rentrer régulièrement en France voir nos familles, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Smiling around the world

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture