Sinon, il restera les souvenirs

Texte écrit dans l’avion entre la Réunion et Paris.

« Uber den Wolken,  muss die Freiheit so grenzenlos sein*… » Cette chanson allemande me revient souvient en tête lorsque je prends l’avion. Au-dessus des nuages le temps se suspend et les soucis s’éloignent…

Aujourd’hui il ne fait pas bon dire que l’on aime prendre l’avion. Ce moyen de transport est devenu pour certains le symbole de la pollution dont souffre notre planète, et ils n’ont pas complètement tort… Le trafic aérien s’est énormément développé, et les émissions polluantes associées également. Je sais tout cela, et pourtant prendre l’avion reste pour moi quelque chose de très particulier. Enfant, je disais que mon endroit préféré dans le monde, c’était les aéroports. Je rêvais devant le grand tableau des départs, aux destinations toutes plus lointaines et tentantes que les autres.

Depuis, les années ont passé, et j’ai découvert certains de ces lieux qui me faisaient tant rêver. Ushuaia, Berlin, Reykjavik, Lima, Moscou… Tous ces voyages ne m’ont pas lassée de l’avion, loin de là. J’ai le sentiment de me transformer pour un temps en oiseau… Voir le monde d’en haut, survoler les montagnes enneigées, découvrir des lacs cachés, regarder la nuit les villes illuminées reste quelque chose de magique pour moi.

Aujourd’hui je suis dans cet avion qui clôt un chapitre de ma vie, en me ramenant de la Réunion à Paris. En pleine pandémie de Covid, ce vol a une saveur encore plus particulière car ce monde qui défile derrière mon hublot, je n’y ai plus accès. Je regarde la carte du monde sur mon écran de télévision ; je me suis endormie au-dessus du Kenya, réveillée une première fois au niveau de Louxor, puis de nouveau du côté de Florence. Au moment où j’écris ces lignes, l’aurore est en train de se lever a l’horizon, dans un dégradé d’orange et de bleu, et je me demande si nous retrouverons un jour cette liberté de mouvement que nous avons perdue. Verrais-je un jour ces pyramides qui me font tant rêver, pourrais-je de nouveau découvrir toutes ces richesses et ces merveilles de notre terre ?

Et c’est là que les choses se compliquent, car nous payons aujourd’hui le prix de notre négligence et de notre impact sur la planète. La pression que nous exerçons sur notre environnement favorise l’émergence de virus tel que celui qui nous empoisonne la vie actuellement, et je crains que ce scénario ne soit amené à se répéter dans les temps qui viennent. Il faudrait revoir complètement notre manière de consommer, de vivre… et de voyager. La surpopulation guette, la déforestation bat son plein, des dizaines d’espèces animales disparaissent, on élève des animaux par milliers dans des fermes qui n’en ont que le nom…  On ne parle que de croissance, alors que c’est sans doute de décroissance dont la planète aurait besoin. Je n’ai pas de solution magique à apporter, seulement ces questionnements et cette ambivalence. Peut-être que la réponse réside dans la mesure, mais en sommes-nous capables ? Une partie de moi en doute, mais en tout cas je voudrais y croire, alors que mon avion se pose sur la piste… Sinon, il restera les souvenirs.

*Au-dessus des nuages, la liberté doit être sans frontière

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4 réflexions sur “Sinon, il restera les souvenirs

  1. Hello 🙂 C’est Anousha de anoushapati, mais depuis un autre compte que j’ai créé pour parler de mon expérience d’aidante de mon mari pendant son cancer. Je te laisserai allez voir, si ça t’intéresse !

    Pour réagir à ton bel article, je ne peux qu’approuver tout ce que tu dis… Je veux rester optimiste mais il faut s’accrocher !

    • Coucou ! Merci pour ton message 🙂 Je suis allée voir ton nouveau blog, je l’aime beaucoup ! Je n’ai pas encore pris le temps de commenter par contre. C’est une super initiative, qui aidera beaucoup de gens j’en suis sûre. Gros bisous !
      Aurélie.

  2. Coralie dit :

    Coucou ! Bien d’accord avec toi sur le constat, nous avons dépassé les limites planétaires à force de croire que nous maîtrisions la nature, que nous pouvions nous en extirper, surconsommer sans se soucier des générations futures… mais nous pouvons encore réussir à inventer de nouvelles façons satisfaisantes de vivre et voyager, plus centrés sur les liens aux autres et à la nature.
    En tout cas je te souhaite un malgré tout un bon retour en métropole ! Hâte qu’on se voit !
    Bises

    • Coucou ! Oui c’est compliqué… C’est vrai qu’il y a plein de moyens de vivre et de voyager plus écolo, je pense notamment au voyage à pied ou en vélo, mais je me sens incapable de complètement renoncer à voyager en avion pour autant…
      Hâte de de revoir aussi 🙂 Cela ne devrait pas trop tarder ! Gros bisous

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