
Le voyage commence exactement pareil que le précédent : j’insiste auprès du steward pour changer de place ^^ Il faut dire aussi qu’il a mis tous les hommes seuls devant moi sur des places doubles, alors qu’il fait mine de vouloir me coller près d’une dame assez forte et pas très propre… A la gare je l’avais repérée je m’étais demandé si elle était SDF. Autant dire que cela ne me convient pas, d’autant plus qu’il reste des places doubles complètement inoccupées dans le wagon et qu’au vu de la nuit que je viens de passer je ne serais vraiment pas contre quelques heures de sommeil supplémentaires. Il me dit que ces places seront occupées dans quelques heures, qu’on attend des passagers sur d’autres gares, mais il finit par accepter que je m’y installe le temps que ces passagers arrivent. Au final j’y resterai cinq heures, le temps de finir ma nuit ! Et je récupère ensuite une autre voisine.
Les paysages sont très différents de ceux que j’ai traversés jusqu’à présent. Après les Rocheuses et les grandes plaines, j’attaque désormais la traversée de l’Ontario. Le train se fraye un chemin entre belles forêts et grands lacs, que nous longeons voire traversons. Le soleil brille et transforme la surface des lacs en des milliards de paillettes, c’est très joli… De-ci de-là, quelques petites villes émergent de la nature. Je passe une bonne partie du trajet dans le wagon panoramique, où je sympathise avec Georgina, une vétérinaire vivant à côté de Saint-Etienne. Le contact passe tout de suite entre nous et nous rigolons bien… Elle a terminé il y a quelques mois un grand voyage d’un an en vélo, de Saint-Etienne jusqu’aux Balkans, en camping sauvage la plupart du temps, je suis admirative ! Je rêverais de faire un tel voyage… même si le camping sauvage en solo, cela me semble assez insurmontable. Un jour peut-être !
Je retrouve ma petite vie à bord du train, entre écriture, visionnage de « 13 reasons why » (qui décidément se densifie et s’améliore d’épisode en épisode !), concert dans le lounge, papotages avec les autres voyageurs… et rares arrêts où je descends à terre quelques instants, histoire de me dégourdir les jambes. Certains voyageurs, qui sont à bord depuis Vancouver font des bonds ou piquent des sprints dès que l’on peut descendre quelques minutes… Ils n’en peuvent plus de rester assis. Je suis pour ma part bien contente d’avoir scindé le trajet en deux parties.
Et puis, le soir du dernier jour, au loin une ville se dessine… Toronto, me voilà ! C’est la CN tower qui m’accueille dès la sortie du train, puis des gratte-ciel semblant monter jusqu’aux nuages. Comme c’est beau ! Je sens immédiatement que cette ville va me plaire. J’attrape le métro jusqu’à mon airBNB ; mon hôte est très sympa, il m’attend devant l’immeuble afin que je ne me perde pas. Il habite au 20è étage d’un grand condominium, de chez lui la vue sur Toronto est féérique…
