
bourré à craquer plein. Une bonne heure et demie plus tard, le chauffeur s’installe et met le contact, victoire ! Bon, en fait on se réjouit un peu trop vite, on se gare quelques mètres plus loin pour récupérer encore du fret… Enfin, à force d’attendre nous finissons par partir. Deux rangs derrière nous il y a une dame qui a vraiment l’air mal en point, elle semble enceinte et a l’air complètement halluciné. On me dit qu’elle a eu de la médecine traditionnelle, mais cela ne me rassure pas tellement…
Nous mettons environ 3H45 pour parcourir les 170 km qui séparent Tana d’Antsirabe, le long de la RN7. Cette route est emblématique de Madagascar, qu’elle traverse de Tana (au nord est) à Tuléar (au sud-ouest). Nous voyons beaucoup de rizières sur le trajet, quelques marchés où les fruits sont artistiquement empilés, des vendeurs de camions en bois sur le bas-côté….
Le chauffeur nous dépose à quelques pas de notre hôtel – c’est une bonne surprise, la gare routière officielle étant située à 3 km plus au nord. Nous posons nos valises pour deux nuits à l’Ecolodge du Voyageur, un hôtel qui m’avait beaucoup fait rêver avant notre départ avec ses promesses de bungalows répartis dans un jardin luxuriant, avec différentes ambiances : jardin majorelle tout bleu, jardin andalou, étang… En fin de compte, notre arrivée se fait un peu dans la douleur car en guise de « bungalow calme » on nous a attribué un bungalow coincé entre la réception, le restaurant et la cour de l’école primaire adjacente. Nous nous installons donc entre la musique à fond et les braillements d’enfants, voilà voilà… L’hôtel est plein ce soir, mais nous changerons de chambre le lendemain, au profit d’un bungalow plus près des fontaines et du parc. Pfiou, quelle histoire !
Nous ressortons assez rapidement pour faire un premier tour à pied dans Antsirabe. Antsirabe est une « ville d’eaux », et nous découvrons l’hôtel des thermes, au charme décrépito-surrané, ainsi que les thermes, malheureusement déjà fermés. Le moment où nous nous installons sur un banc du parc de l’hôtel des thermes pour manger notre « déjeuner » (il est 16 H) – conserve de lentilles – restera dans les annales…
… et sa vue imprenable sur les pousse-pousse en contrebas (moyen de transport non testé, on le trouve assez dérangeant, surtout quand le « chauffeur » est à pied et pas à vélo…)
Dans la rue principale nous tombons sur un loueur de vélo, et nous réservons deux VTT pour le lendemain. Nous terminons la journée par un saut au Score, où nous achetons du ravitaillement. Ce soir, c’est ramen à la chambre ! (plus de deux ans après l’épisode de Pékin, sachez que je reste interdite de lit quand j’ai un bol de ramen en main…)
Le lendemain, c’est journée VTT ! La prise en main est un peu laborieuse car les vélos censés être prêts ne le sont pas du tout, mais une fois partis le kiff commence. Nous traversons Antsirabe et sa « banlieue » le long de la RN34, avec son corollaire de petits marchands de bord de route et d’instantanés de vie locale… Nous nous arrêtons un instant chez Marcel, un artisan confiseur qui réalise devant nous des bonbons tout chauds à l’arachide et au « thé olive », une plante d’ici au goût de citronnelle. Miam !
Notre objectif du jour est de réaliser une boucle d’une cinquantaine de kilomètres dans la campagne autour d’Antsirabe, à la découverte de deux lacs. Nous arrivons assez rapidement et facilement au premier, le lac Andraikiba. Nous en faisons le tour avec les vélos, là encore la vie bat son plein entre les femmes qui font leur lessive, les hommes avec leurs charrues à zébus… Entre deux on nous propose un peu de haschich, bonjour la réputation des étrangers ! Les enfants nous font de grands signes en criant « Bonjour vaza », c’est mignon (bon, sauf quand ils nous disent « Vaza argent »). « Vaza » signifie à la fois la couleur blanche et la richesse, et c’est le terme qui désigne les étrangers blancs.
L’arrivée au second lac, le lac Tritriva, est un peu plus ardue. C’est que ça grimpe ! Nous roulons désormais sur une piste en terre, parfois assez défoncée. L’un des zébus d’une charrue s’effondre devant nous, Benoît aide ses propriétaires à le remettre sur pieds, c’est que c’est lourd ces bêtes-là…
La visite du lac Tritriva se fait obligatoirement avec un guide. On râle un peu au début, et puis au final notre guide s’avère très sympa et intéressante. Elle habite dans le village au pied du lac, et fait partie de la toute nouvelle association de guides. Si le premier lac était sympa sans plus, celui-ci est spectaculaire avec sa couleur bleu turquoise et son environnement de falaises et de pins. L’endroit nous plaît beaucoup ! Nous descendons avec notre guide jusqu’au lac, avant d’en faire le tour. Nous parvenons ensuite à négocier de rester pique-niquer tous les deux face à la vue pendant qu’elle redescend à l’accueil.
La suite de la boucle est assez sportive, avec une piste qui passe de « défoncée » à « quasiment impraticable ». Nous alternons entre passages en danseuse et marche à pied. Nous sommes toutefois largement récompensés de nos efforts par les paysages que nous traversons ; ce sont les plus beaux de la journée, entre rizières, montagnes et petits villages. Les pauses photos sont fréquentes !
La carte que nous a fourni le loueur n’est pas très précise, nous sommes contents d’avoir téléchargé la carte de Madagascar sur maps.me (une application bien utile en en voyage, soit dit en passant) car sur la fin c’est un peu complexe. Nous demandons un peu notre chemin, mais les gens ne parlent pas beaucoup français et leurs réponses ne nous semblent pas très fiables. Nous rattrapons finalement la RN34 à une quinzaine de kilomètres d’Antsirabe, après les petits chemins de terre cette route bitumée en descente nous semble d’un confort inouï ! Nous traçons plus vite que le vent (ou presque), et c’est une bonne chose car la luminosité est en train de sérieusement décliner.
Après avoir rendu les vélos et fait un rapide crochet au Score, nous nous effondrons dans notre (nouvelle) chambre. Ce soir, c’est ramen, baume du tigre et dodo !
Le lendemain, pendant que Benoît profite d’une grasse matinée bien méritée, je pars faire le tour des artisans du coin. Antsirabe est réputée pour son artisanat, et je ne voulais pas rater cela. Je vais voir les brodeuses, le peintre en batik (hyper sympa, on papote technique de peinture sur tissu), un artisan qui réalise des objets en 100% récupération et enfin un atelier de papier avec inclusions de fleurs.
Je retrouve Benoît pour le petit-déjeuner, et puis nous repartons ensemble voir la gare et faire un petit tour dans le centre d’Antsirabe. Même si nous repasserons par Antsirabe au retour, nous ne sommes pas sûrs de nous y arrêter de nouveau, alors comme ça au moins on aura vu tout ce qu’on voulait voir (à part les thermes que je n’ai pas pu tester, mais bon, ce sera pour une autre fois). Le propriétaire de l’Ecolodge propose de nous déposer à la gare des taxis-brousse, ce que nous acceptons avec plaisir. Allez hop, en route pour de nouvelles aventures le long de la RN7 !
