
Notre hôtel est situé à quelques mètres du fameux pont et après avoir déposé nos affaires à la chambre nous filons tout de suite voir la célébrité du coin. Il nous plaît bien avec son armature métallique qui enjambe la rivière. Ce pont ferroviaire fait partie des 415 kms de voie ferrée construite en 16 mois durant la seconde guerre mondiale sur ordre des Japonais. Environ 30 000 prisonniers de guerre occidentaux et 100 000 travailleurs asiatiques travaillèrent sur ce chantier, dans des conditions de vie absolument terribles. Le JEATH Museum, qui se trouve au sud de Kanchanaburi (à ne pas confondre avec le WW2 and Jeath Museum près du pont, ni avec le Thailand-Burma Railway Centre, bref ! ) nous permet d’en apprendre un peu plus sur cette période. Dans une maison en bambou typique de celles dans lesquelles les prisonniers étaient logés, des dizaines de photos d’époque sont exposées. On réalise un peu mieux l’enfer dans lequel ces prisonniers de guerre ainsi que la population locale se sont retrouvés… 18H de travail forcé par jour, deux repas à base de bouillon clair et riz, des conditions d’hygiène déplorables, tout cela a conduit à la mort de milliers de personnes. Cette voie ferrée est d’ailleurs surnommée la « Death Railway », à cause du nombre de morts que sa construction a engendrés…
Le lendemain, changement de décor et direction Elephant World. Il s’agit d’une réserve qui recueille des éléphants malades, maltraités ou à la retraite afin de leur offrir de bonnes conditions de vie. En 2012 nous avions sans réfléchir fait le traditionnel tour à dos d’éléphant à la fin de notre trek à Chiang Mai et lorsque je m’étais renseignée par la suite je l’avais beaucoup regretté. L’exploitation des éléphants à des fins touristiques est un véritable fléau ici en Thaïlande, les animaux sont souvent exploités et maltraités. Le simple fait d’obliger les éléphants à porter des touristes sur leur dos est une violence ; le dos est la partie la plus fragile de cet animal et il ne peut pas porter plus de 200 kgs sans se blesser. Bref, je ne voulais surtout pas participer de nouveau à ce genre de choses et j’ai donc passé pas mal de temps à rechercher un centre respectueux des éléphants du côté de Kanchanaburi. J’en ai finalement trouvé deux, Ganesha Park et Elephant World. Le premier était complet lorsque nous avons voulu réserver, le deuxième pas encore, et c’est donc ainsi que nous nous sommes retrouvés à Elephant World ! Le slogan d’Elephant World est « Les éléphants ne travaillent pas pour nous, nous travaillons pour eux » et j’ai trouvé que c’était plutôt bien respecté. Les mahouts comme les volontaires m’ont semblé gentils avec les éléphants, et même si les mahouts avaient parfois à la main le fameux « crochet » je ne les ai pas vus s’en servir contrairement à notre balade de 2012. Nous passons la journée à observer la vingtaine d’éléphants qui vivent dans le centre (y compris deux jeunes de 4 et 5 ans), à leur donner à manger, à préparer des boulettes de riz et potiron pour ceux qui n’ont plus de dents… En fin de journée nous nous baignons tous les trois (Benoît, ma sœur et moi – ma mère s’étant proclamée photographe attitrée ;-)) dans la rivière avec quelques éléphants, ce moment incroyable restera longtemps gravé dans nos mémoires !
Notre troisième journée est consacrée à la découverte des chutes d’eau d’Erawan, qui sur sept niveaux dévoilent des paysages tous plus jolis et photogéniques les uns que les autres. Ça grimpe et nous sommes contents d’avoir de bonnes chaussures !
Nous déjeunons sur place puis reprenons la route jusqu’aux grottes de Tham Krasae. La Death Railway passe par là et ces grottes servaient de camp pour les travailleurs. Nous marchons un moment sur les voies, jusqu’à ce qu’un sifflet de train nous fasse rebrousser chemin en hâte ! Nous rentrons ensuite en train sur cette dernière portion de la Death Railway. Le retour en train jusqu’au pont de la rivière Kwaï prend 1H30 environ et permet de traverser des paysages de campagne et de rizières à la lumière du soleil couchant. Les paysages sont magnifiques mais le fait d’emprunter cette voie ferrée pleine d’histoire mais aussi et surtout pleine de la souffrance de dizaines de milliers de personnes nous laisse bien songeurs…
Nous quittons Kanchanaburi au matin du quatrième jour, non sans une petite séance photo de St Valentin… Le pont et ses abords sont entièrement pavoisés de rose pour l’occasion, il va y avoir de l’animation ce soir 😉 De notre côté c’est une journée de transport qui nous attend, et après un minibus, un avion et un taxi nous arrivons en fin de journée à Phuket où nous allons finir nos vacances en famille. La suite au prochain numéro !
Infos pratiques si vous voulez aller à Kanchanaburi :
- Une journée à Elephant World, tout inclus (pick up à l’hôtel, journée avec les éléphants, déjeuner très copieux) : 2500 baths/personne. Réserver à l’avance ++
- Pour notre journée Erawan/Death Railway nous avons réservé un taxi privé (1600 baths pour une voiture), cela revenait moins cher à 4 que de prendre un tour organisé. L’entrée à Erawan coûte ensuite 300 baths/personne + 30 baths pour la voiture ; le billet de train coûte 100 baths/personne. Partez tôt de Kanchanaburi pour éviter la foule à Erawan, les groupes arrivent vers 10 heures. A noter que le parc d’Erawan est grand, et qu’il y a dans le secteur un autre grand parc national, le Sai Yok National Park. Si vous aimez la nature et la randonnée cela peut valoir le coup de prévoir plus de temps dans le secteur… On le garde en tête pour un prochain voyage en tout cas.
- Notre hôtel à Kanchanaburi était le Kanchanaburi City Hotel, hyper confortable et accueillant pour un prix raisonnable (autour de 35 euros/nuit pour une chambre double). Par contre le quartier du pont est très mort le soir, et nous avons trouvé qu’il était compliqué de trouver un taxi pour aller dans le centre-ville à 4kms de là (pour vous dire, Benoît et moi avons fini en moto-stop le jour au nous sommes allés au JEATH Museum…)
