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Mes lectures 2025 : le top 6 !

Transmettre le goût de la lecture : check !

« Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit et l’âme de ceux qui l’ont lu… » — Carlos Ruiz Zafón, L’Ombre du vent (un roman absolument sublime soit dit en passant…)

Allez, je continue sur ma lancée littéraire, avec ma sélection 2025 cette fois ! Je suis carrément dans les temps ^^ Comme 2024, 2025 ne fut pas une grosse année de lecture – une vingtaine de livres lus je dirais – mais ma foi, c’est comme ça, et j’ai fait quelques belles découvertes. J’ai aussi pris mes habitudes au club lecture de ma ville, ce qui m’a permis de découvrir des livres que je n’aurais jamais lus sinon ! Et pour 2025, nous partons donc sur un top 6… avec une petite tricherie, comme vous le constaterez ci-dessous. Le classement est comme d’habitude inversé, avec mon titre préféré en dernier.

6 – Antonio Pizza, de Francis Juteau

J’ai emprunté ce livre car il se passe à Montréal, et que je me suis dit que ce serait chouette de lire un auteur québécois situant son roman dans notre lieu de vie (ou presque). C’est l’histoire de Karl, qui passe ses soirées à traverser inlassablement la ville pour livrer des pizzas, tout en effaçant frénétiquement son historique internet pour cacher à sa copine qu’il est addict à la pornographie. C’est aussi l’histoire de ses compagnons : les chats errants qui vivent derrière la pizzeria, ses collègues, sa copine… Leur point commun à tous, chercher à survivre à l’hiver et à la vie en général. Les personnages sont attachants, le texte est plein d’expressions québécoises, on arpente un Montréal populaire et familier, bref j’ai aimé !

« Arrivé à l’adresse à deux coins de rue du métro Beaubien, je sors pour reprendre la bouteille d’eau scotchée sur le toit. Je monte les marches et sonne au premier étage. Un tank top m’ouvre, trempé à lavette. – Oh yes, je suis content de te voir, toi ! – My God, y fait chaud chez vous… – Ben oui, rentre, rentre, je m’excuse, c’est frette en maudit dehors ! »

5 – Soleil, de David Bouchet

Ce roman raconte l’histoire de Souleye et de sa famille, qui arrivent tout droit du Sénégal et s’installent à Montréal. Souleye, surnommé Soleil par son amie Charlotte, pose ses yeux d’enfant sur ce nouveau monde qui l’entoure, si différent de ce qu’il connaît. La famille veut s’intégrer, le mot d’ordre de P’pa, le père de famille, est « ne pas se retourner ». Oui, mais cela n’est pas si simple, le déracinement et la folie s’invitent, et P’pa se met à vivre et creuser un trou dans le sous-sol de leur maison… Cette histoire d’immigration m’a parlé, forcément, et j’ai reconnu pas mal de choses de mon expérience dans le regard que pose Souleye sur le Québec. La citation que je mets ci-dessous en particulier a complètement résonné en moi. Last but not least, j’ai eu la chance de parler avec l’auteur !

« Car les Québécois, ils ont facilement peur. Et ce n’est pas une peur normale, comme des monstres ou de la mort. C’est une peur de fondre. Malgré le froid. P’pa nous a dit ça, c’est une peur de se dissoudre comme un cachet dans l’eau, et c’est très compliqué de l’expliquer ou de la comprendre parce qu’elle n’est pas reconnue comme les autres. Et pourtant, beaucoup d’Africains l’ont connue, cette peur, beaucoup d’humains à travers la planète. Avec cette peur, on ne fait pas de grimaces ou de tremblements de mâchoire, on ne devient pas bleu quand on est blanc. Ce n’est pas physique. C’est une peur cachée qui coule avec le sang dans les veines et qui irrigue leur cœur. « C’est une vraie peur sauvage », dit P’pa, une peur préhistorique qui date de très longtemps. La peur de disparaître. C’est la même peur que les Amérindiens (moi, je croyais que c’était « les amers Indiens » au début et je ne comprenais pas si c’était une histoire de goût ou de caractère), et je comprenais ce que P’pa me disait quand il parlait du problème de fondre. Parce que les Amérindiens (ici, on dit aussi « Premières Nations » ou « Autochtones »), qui sont ceux qui ont vraiment découvert Christophe Colomb, se sont fait dissoudre aussi par la colonisation des Blancs. Et voilà pourquoi les Québécois ont peur. »

4 – Olive Kitteridge, d’Elisabeth Strout

Ce livre est une relecture, je l’avais déjà lu il y a de nombreuses années. J’en avais gardé un bon souvenir, et je l’ai relu avec plaisir. Il s’agit en fait d’une succession de treize nouvelles, chacune nous dévoilant une facette d’Olive Kiterridge, professeure de mathématiques, épouse du pharmacien du village et mère de famille, le tout sur une trentaine d’années. De prime abord, Olive apparaît comme un personnage très dur et peu aimable, mais peu à peu se dessine une autre perspective, plus humaine et attachante. Ce roman parle de la vie de village, de la communication entre les êtres (ou de l’absence de communication), de suicide, de maladie, d’amour, des héros ordinaires du quotidien… Ce roman a reçu le prix Pulitzer en 2009, et je vous le conseille si vous ne l’avez pas encore lu !

« Enfin, inutile de se voiler la face : Christopher est raide dingue d’elle. Sans doute leur vie sexuelle est-elle pour le moment très intense et sans doute aussi sont-ils persuadés que cela va durer, comme le croient toujours les jeunes couples. Ils croient aussi qu’ils en ont enfin terminé avec la solitude.
A cette pensée, Olive étendue sur le lit hoche lentement la tête. Elle sait que la solitude peut tuer – de bien des façons, elle peut vraiment tuer les gens. La conception qu’Olive se fait de la vie repose sur ce qu’elle appelle les « grandes secousses » et les « petites secousses ». Parmi les grandes secousses, on compte les mariages, les enfants, l’intimité qui permet de survivre, mais ces grandes secousses recèlent des courants dangereux et invisibles. C’est pour cela que les petites secousses existent : ce peut être un vendeur sympathique chez Bradley ou la serveuse du Dunkin’Donuts qui sait comment vous prenez votre café. C’est un équilibre difficile à trouver, vraiment. »

3 – Lebensborn, Isabelle Maroger

Ce roman graphique nous emmène à la découverte des Lebensborn, ces maternités mises en place par les nazis pendant la guerre afin de produire des enfants aryens. Il est autobiographique, la mère de l’auteure étant née en Norvège dans l’un de ces établissements. J’ai beaucoup aimé ce livre ; je ne connaissais pas les Lebensborn, et j’ai également apprécié que l’histoire se poursuive dans le présent, avec la rencontre de la famille norvégienne de la mère de l’auteure.

« Trouver ses racines, c’est avoir une force pour mieux grandir. Mais aussi se sentir libre de s’en détacher pour aller vers l’avenir. »

2 – La série des After (5 livres), Before (2 livres) et Landon (2 livres), d’Anna Todd

Bon, j’ai hésité à censurer cette série, mais la lecture des neuf romans de la série m’a bien occupée cette année, et j’ai beaucoup aimé, alors j’assume ! After, c’est le phénomène littéraire issu d’internet, Anna Todd s’étant fait connaître sur le web avant de publier ses textes sous forme de livres. C’est l’histoire de Tessa, une jeune fille bien sous tous rapports, sérieuse et rangée, et de sa rencontre avec Hardin, bad boy tatoué tout aussi provocateur que sexy. C’est de la « romance pour adulte » comme on dit, à ne pas lire avant 16 ans je dirais car il y a pas mal de scènes explicites. Anna Todd sait captiver son public, cela se lit très bien, et je comprends tout à fait pourquoi tant de mes amies me le conseillaient 😉

« Il me fait passer du rire aux larmes, hurler de rire et de colère mais, plus que tout, il me fait me sentir vivante. »

1 – La tente rouge, d’Anita Diamant

Et pour finir ce top 6, retour à de la belle littérature avec un gros coup de cœur (et pourtant je ne l’aurais pas parié !) Il raconte l’histoire de Dina, personnage brièvement évoqué dans l’Ancien Testament, 1500 ans avant JC, au pays de Canaan. Elle est élevée dans l’ombre de la tente rouge, cet endroit interdit aux hommes où les femmes de la tribu échangent chaque mois secrets et rites ancestraux. Devenue femme à son tour, Dina tombe amoureuse, mais ses frères crient au déshonneur… Un superbe texte, qui se déroule sur le temps d’une vie humaine, et qui romance de très belle manière cette époque quasiment immémoriale. Dina a vécu il y a bien longtemps, et pourtant j’ai ressenti une connexion avec elle au travers des siècles. Mon coup de cœur 2025 !

« Mon nom ne vous dit rien. Mon souvenir est poussière. Ce n’est ni votre faute, ni la mienne. La chaîne reliant mères et filles s’étant rompue, la transmission de la saga familiale incomba alors aux seuls hommes. Comme ils ignoraient tout de moi, je suis devenue une note en bas de page. Ma vie n’est qu’une parenthèse entre l’histoire bien connue de Jacob, mon père, et la célèbre chronique de Joseph, mon frère. Les rares fois où l’on se souvient de moi, c’est en tant que victime. Presque au début de votre livre saint, on trouve un passage qui semble indiquer que j’ai été violée, la suite est le récit sanglant de la façon dont on a vengé mon honneur. »

Et vous, quels ont été vos derniers coups de cœur littéraires ? N’hésitez pas à venir me les partager en commentaires !

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