
Notre coin des Laurentides n’est pas sur le trajet de la totalité, aussi récupérons nous MiniChou à la garderie à midi afin de pouvoir filer plein sud. Au début cela roule bien, et puis rapidement les premiers ralentissements apparaissent, suivis de véritables bouchons. On dirait que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée 😉 Le plan initial était de traverser le Saint-Laurent pour regarder l’éclipse depuis la rive sud, mais nous revoyons notre copie au vu de la circulation routière… Nous changeons d’objectif et visons alors uniquement le fait de passer en zone de totalité, en nous y enfonçant un peu car j’ai lu que les premiers kilomètres font gagner un temps important d’éclipse. Nous parvenons finalement à quitter l’autoroute et ses bouchons et nous nous installons dans le sud de l’île de Montréal, entre l’aéroport et Lachine. Nous sommes en pleine zone industrielle, mais au moins nous nous garons facilement, nous sommes tranquilles, il y a de la verdure et le ciel est bien dégagé, bref : un spot parfait ! Le lieu convient parfaitement à MiniChou également car de nombreux camions transitent par la zone industrielle. Il leur fait de grands signes, recevant de nombreux « coucou » et coups de klaxons en retour à ses salutations 😉
A un moment on s’est dit qu’on allait essayer d’aller encore un peu plus au sud de notre zone industrielle… Bon ben on a vite fait demi-tour ^^
Nous observons la Lune grignoter progressivement le Soleil ; la luminosité et la température diminuent de concert. A 15H26 et 30 secondes, le moment tant attendu arrive, la Lune recouvre parfaitement le Soleil et nous pouvons retirer nos lunettes pour observer la couronne solaire, habituellement invisible car « effacée » par la luminosité du Soleil. Nous voyons également Vénus. C’est absolument magnifique, on savoure ce moment magique… Et puis, une minute trente plus tard, déjà le Soleil commence à poindre de l’autre côté, et il entame sa croissance. Waouh, quelle expérience !! Benoît et moi sommes ravis, quant à MiniChou ça a eu l’air de lui plaire car « c’est la nuit mais pas dodo ! ».
15H35, le Soleil est entouré d’un halo de lumière créé par la réfraction de sa lumière sur les cristaux de glace des cirrus (nuages en haute atmosphère). Apparemment ce phénomène augure souvent du mauvais temps derrière… Et petite pensée pour les passagers de cet avion, peut-être ont-ils vu l’éclipse directement depuis le ciel 😉
Nous restons un moment encore le temps de bien voir la phase de croissance, et puis nous repartons nous mettre… dans les bouchons 😉 Heureusement cela avance mieux qu’à l’aller. En rentrant je tombe sur un article qui parle du parc Jean Drapeau, une option que nous avions très sérieusement envisagée pour observer l’éclipse… Apparemment les gens ont mis des heures à pouvoir prendre le métro pour quitter le parc, et le pont Jacques Cartier était complètement saturé par les personnes tentant de rentrer à pied.
Nous avons beaucoup entendu dire ici que c’était « l’éclipse du siècle » parce que la précédente datait de 1972 et que la prochaine n’aurait lieu qu’en 2106, mais ceci n’est vrai que pour le Québec. En effet, dès le 12 août 2026, une nouvelle éclipse solaire totale sera visible depuis la Sibérie, le Groenland, l’Islande et… l’Espagne / les Baléares. Une date à retenir ! J’ai trouvé ce moment si magique et suspendu que je serais bien prête à faire des kilomètres pour le revivre… Et puis, j’ai été très marquée par le fait que dès que le Soleil réapparaît, la luminosité et la chaleur remontent très vite, alors que la portion visible de Soleil est encore minime. Je comprends mieux pourquoi les sites spécialisés insistaient tant sur l’importance d’être en zone de totalité. En zone de 99,9%, on n’a pas du tout 99,9% de l’expérience !
