
Situé en plein cœur du cirque de Mafate, le plateau du Kerval se mérite. Nous prenons le bus de Saint-Denis au col des Bœufs, étonnés d’ailleurs de la faible fréquentation de la dernière portion de trajet… Nous ne sommes que tous les deux à la fin ! Le chauffeur trouve que c’est déjà beaucoup ^^ Il nous dit que souvent, il n’y a a personne… Quel dommage que les transports en commun ne soient pas plus utilisés ici !
Nous pique-niquons au col des Bœufs, dans le brouillard, avant d’attaquer la descente vers la plaine des Tamarins. Il pleut et le sol est très glissant, nous faisons attention. Quelques kilomètres relativement plats suivent ensuite, émaillés de deux traversées de rivière sur lesquelles nous ne nous mouillons pas les pieds, un exploit ! Nous nous arrêtons un moment au gîte de la Maison Laclos afin de remplir nos bouteilles d’eau ; le gîte est très joli, cela nous donne envie d’y revenir pour y dormir. Nous attaquons ensuite la dernière montée vers le plateau du Kerval… et quelle montée ! On marche dans un lit de rivière plein de pierres, ça grimpe fort et avec le poids des sacs on est moins agiles que d’habitude. Le dénivelé finit par s’aplanir un peu et nous arrivons dans une zone plus herbeuse… Plateau du Kerval, nous voilà !
Lorsque nous arrivons le plateau baigne dans une brume fantasmagorique. Un gros groupe est déjà installé et nous le fuyons avec application… Nous dépassons le petit lac et partons nous installer à l’autre bout du plateau. On a l’embarras du choix en terme d’emplacement, il faut juste éviter les bouses ! Le plateau est en effet connu pour être un lieu de pâturage pour bovins… Les animaux ont dû être rentrés car nous n’en voyons aucun, par contre les traces de leur passage sont bien visibles ^^
Nous profitons de la fin du jour pour monter la tente ; c’est le baptême de notre nouvelle tente en conditions réelles (on l’avait déjà montée plus ou moins dans le salon hier soir ;-)). Nous cuisinons ensuite nos pâtes avant de filer nous mettre au chaud sous la tente, c’est que les températures sont fraîches par ici… La nuit n’est pas complète, la lune éclaire bien et cela combiné aux nuages persistants fait que l’on ne voit pas très bien les étoiles. Dommage, Benoît me devait une soirée à observer le ciel 😉 Ce sera pour la prochaine fois ! Au final je verrai tout de même un très beau ciel étoilé un peu plus tard dans la nuit…
Après avoir eu un peu froid en début de nuit, nous finissons par nous réchauffer et nous dormons bien dans notre nouvelle tente. Il y a un peu de condensation mais pas d’eau qui nous tombe dessus, c’est l’essentiel ! Lorsque nous sortons, nous tombons nez à nez avec un troupeau de bœufs, venu brouter à deux pas de notre tente… Ils ont l’air calme mais ça fait un drôle d’effet de les voir d’aussi près ! Face à nous, le rempart le plus proche se révèle parsemé de longues cascades, c’est très joli.
En plein porridge de petit-déjeuner nous entendons soudain un bruit de cavalcade : c’est un randonneur du gros groupe qui a effrayé les bœufs, qui ont fui en courant ! Heureusement ils n’ont pas foncé sur notre tente… Nous ne sommes qu’à moitié rassurés. Nous replions ensuite nos affaires et filons explorer le plateau d’un peu plus près. Nous nous baladons entre les arbres, admirant les plantes, les fleurs, au son des cascades et rivières environnantes. C’est très beau et paisible comme endroit, cela nous plaît beaucoup. Cela valait le coup de grimper ! Nous poursuivons notre petit tour du côté du lac. On le voit bien mieux qu’hier. Les bœufs se sont déplacés et nous regardent passer, on les contourne largement pour ne pas les effrayer…
Faux fraisier ou fraisier des Indes… ça ressemble à des fraises des bois, mais ça n’en est pas ! Ce n’est pas toxiques, mais c’est insipide…
Nous récupérons ensuite nos sacs et, après une dernière pause photo près du lac, nous attaquons le chemin du retour. La descente du pierrier n’est pas facile, mais heureusement il ne pleut pas. La vue est bien plus dégagée qu’hier et nous voyons très bien le reste du cirque de Mafate. Nous ne sommes pas en avance pour le bus et nous essayons de ne pas trop musarder en chemin… Après avoir envisagé de sauter le déjeuner (c’est pour vous dire), on finit tout de même par faire une pause tant nous sommes KO. On se dit qu’au pire on redescendra en stop… Au final la pause nous requinque et nous arrivons au col des bœufs avec vingt minutes d’avance sur l’horaire du bus, on s’offre du coup le luxe d’un petit coca à partager à la buvette !
Dans le bus nous sympathisons avec une jeune femme, venue ici pour une formation. Elle a prolongé son séjour par quelques jours dans Mafate. Par la fenêtre la vue sur le cirque de Salazie est superbe… L’enchaînement des bus est parfait, nous avons juste le temps d’acheter (et de déguster) quelques letchis à Saint-André avant de reprendre notre bus pour Saint-Denis. De retour à la maison nous filons illico reprendre forme humaine sous la douche, avant de terminer la soirée en beauté au Va Piano… Le resto post-rando du dimanche soir, une tradition 😉
