« Visions d’Orient », le festival photo 2022 de La Gacilly

L’avantage touristique de partir travailler deux semaines en Bretagne, c’est qu’il y a un week-end au milieu 🙂 Cette année encore, nous avons donc bien profité de Redon et de ses environs. Impossible de refaire le même combiné plage/festival photo que l’année dernière car les jours de circulation des navettes ont changé – elles circulent désormais toutes le samedi et aucune le dimanche – alors nous renonçons à la plage et passons le samedi au festival photo de La Gacilly.

C’est le grand marché du samedi qui nous accueille à La Gacilly. Après une discussion animée avec un homme nous reprochant de nous crémer sur un coin de place handicapés, nous menaçant d’appeler la police et nous enjoignant de « rentrer chez nous », nous attaquons la visite du marché. Un stand de cuisine sénégalaise attire notre attention et nous nous offrons un petit pique-nique africain fort savoureux. MiniChou fait des sourires à tout le monde comme d’habitude, et un monsieur vient papoter avec nous.

Nous attaquons ensuite la visite du festival photo. Le thème de cette année est « Visions d’Orient ». Le centre d’information nous met immédiatement dans l’ambiance avec ses constructions orientales et ses massifs de fleurs dans les tons jaune orangé. Comme l’année dernière les expos sont dispersées dans toute la ville, avec quelques photos en très grand format sur certaines façades.

Plusieurs expositions montrent l’Afghanistan d’hier à aujourd’hui. J’ai un coup de cœur pour les images de Pierre Almasy, qui montrent à quel point le pays était moderne et libre dans les années 50/60. Ses photos montrent des filles et des garçons côte à côte à l’école, des femmes non voilées dans la rue… Un contraste terrible avec les images de l’Afghanistan d’aujourd’hui, où l’espace public n’appartient qu’aux hommes. J’ai beaucoup apprécié également la série Eclats de Paix de Véronique de Viguerie. Pour la photographe française, « là-bas, cela a toujours été un avantage d’être une femme occidentale. On est un peu comme un troisième sexe, ni un homme, ni une femme comme celles qu’ils connaissent ». Ce statut lui a permis d’accéder à beaucoup d’endroits habituellement interdits aux hommes étrangers. J’ai trouvé ses photos lumineuses et pleines d’espérance. Ces séries afghanes m’ont aussi rappelé à quel point ce pays est magnifique, avec ses hautes montagnes et sa culture millénaire…

La première enseignante en art martial wushu d’Afghanistan avec ses élèves, près de Kaboul (2017). L’arrivée au pouvoir des talibans a remis en question beaucoup de libertés pour les femmes du pays, notamment la pratique du sport. Photo prise par Shah Marai ou Wakil Kohsar (ce n’était pas très clair)

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Paul Almasy et son voyage dans un royaume éclairé

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Petite pause au milieu des photos afghanes

Le Grand Bouddha, haut de 52 mètres et taillé au VIIè siècle dans les roches de la montagne de Bamiyan. Cette statue a été détruite par les talibans en mars 2001. Photo Paul Almasy.

Le même endroit en 2015. Photo prise par Shah Marai ou Wakil Kohsar (ce n’était toujours pas très clair).

Enfant Hazara de Bamiyan en train de faire du ski, photographié en 2021 par Véronique de Viguerie

A Kaboul, devant le mausolée (détruit par la guerre) du roi Mohammad Nadir Shah, qui régnât sur l’Afghanistan de 1929 à 1933. Photo Véronique de Viguerie, 2003.

Loin du tumulte, dans un village à flanc de montagne de la région de Bamiyan. On voit au loin la chaîne de montagnes de l’Hindu Kush, dont le plus haut sommet culmine à 7708 mètres d’altitude. Photo Véronique de Viguerie, 2021.

Cette photo a été prise en 2006 ; aujourd’hui cette jeune fille originaire de Kandahar est très probablement cachée sous une burqa, ou bien morte. Photo Véronique de Viguerie.

Coup de cœur également pour deux expositions évoquant la sécheresse en Iran. La série Terres de sable, réalisée par Hashem Shakeri, un photographe iranien vivant en Allemagne, montre à quel point la situation est terrible dans certaines régions, autrefois greniers à blé du pays. Il montre aussi les nouvelles villes satellites, construites dans le désert suite à la flambée des prix à Téhéran. Ses photos sont d’une poésie lunaire, avec ses scènes de la vie quotidienne dans un décor aride et poussiéreux. J’ai également beaucoup apprécié le travail d’Ebrahim Noroozi, un photographe iranien à l’univers onirique. Ses photos sont d’un esthétisme incroyable. La série Le récit d’un rêve aborde aussi le thème de la sécheresse en Iran, avec des photos mettant en scène une silhouette vêtue de rouge. La série A bout de souffle nous emmène quant à elle au bord du lac d’Ourmia, l’un des plus grands lacs salés du monde, qui est en train de disparaître. 80% de sa surface s’est déjà évaporée, et l’eau devient rouge durant la saison chaude…

Terres de Sable, par Hashem Shakeri

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Le récit d’un rêve, d’Ebrahim Noroozi

A bout de souffle, d’Ebrahim Noroozi

Comme l’année dernière, certaines expositions sont hors thème et nous découvrons avec plaisir le travail de Mélanie Wenger, qui embarqua à bord du Marion Dufresne pour une rotation de plusieurs semaines dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises. Cela ravive notre envie de faire un jour ce voyage, qui débute à la Réunion… et cela me rappelle notre visite de ce bateau mythique, il y a quelques années !

Naissance d’une otarie

L’héliport du Marion Dufresne…

… j’y étais ! (en janvier 2020)

Malgré un rythme de visite assez lent – nous sommes un peu fatigués et nous faisons la plupart des expos à tour de rôle afin que MiniChou, qui a déjà fait beaucoup de poussette aujourd’hui, puisse se dégourdir les jambes et jouer un peu – nous avons tout de même un bon aperçu de ce festival photo 2022. Cela serait trop long de vous détailler plus d’expositions, mais je vous mets ci-dessous quelques autres photos qui m’ont bien plu.

Pause jeu pour MiniChou, et nous on se relaie pour jouer avec lui / visiter l’expo

Expo « planète 17 », sur les 17 objectifs de développement durable de l’ONU

Identités persanes de Maryam Firuzi

Fragments de mémoires, Près et Loin, de Gohar Dashti

Fragments de mémoire, Home, de Gohar Dashti

Fragments de mémoires, Terre/s, de Gohar Dashti

Fragments de mémoires, Apatride, de Gohar Dashti

Fragments de mémoires, La vie et la guerre au quotidien, de Gohar Dashti

La terre des misérables, de Gabriele Cecconi, qui aborde des conséquences écologiques de la crise humaintaire des Rohingyas, qui ont dû fuir la Birmanie pour le Bangladesh

Sarah Caron et ses photos qui donnent envie de découvrir le Pakistan – le « pays des purs »

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L’ombre et la lumière vues par Abbas Attar

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La série « Sous le voile » de la photographe afghane Fatimah Hosseini, rend hommage aux femmes de son pays. Elle a quitté l’Afghanistan lorsque les talibans ont repris le pouvoir.

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En tout cas La Gacilly est vraiment toujours aussi mignonne, très fleurie et pleine d’ateliers d’artistes (et aussi avec de délicieux fars et kouign-amanns !), cela me donne envie de revenir plus longuement pour l’explorer en profondeur et visiter le musée Yves Rocher.

 

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